‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 213 sur 340 · VALCOURT, MICHEL · texte numérisé non relu

VALCOURT, MICHEL

MrCHEL.

Parbleu, c'est bien mal à vous de venir nous dépouiller de la sorte...

VALCOURT

J'ensuis fjk;hé;mais la chance tourne et j'en profite.

M I c ir E L.

Vous aviez bien à faire de nous montrer la face de votre dame.

VALCOURT

N'en dis pas de mal , elle est charmante.

MICHEL

A. mes yeux, maintenant, elle est laide à faire peui-.

VALCOURT

Le malheur de ton maître te rend injuste .je n'avais pas encore fait grande attention à cette miniature; mais depuis que je lui dois ce retour de fortune, je commence à trouver ma prétendue ^olie.

MICHEL

C'est bien heureux :... nous voilà bien dans nos affaires : qu'allons-nous devenir?

VALCOURT

Vous ferez comme moi : vous philosopherez.

Vous arrangez tout cela bien à votre aise; vous êtes habitué à toutes ces révolutions; mais nous qui sommes

(les gens de mœurs, de conduite; oh! mon dieu, mon

dieu!

VA.LCOURT.

Calme- toi, je ne suis pas un turc; j'ai même les moyens de vous consoler tous les deux; — [se pcu^lant.^ mais oui , cette idée est bonne ; mais ma tante ?.... Un petit mensonge me tirera d'embarras : je l'aurai perdu. Quand on le peut, il faut faire des heureux.

MICHEL

Il seconsidte; s'il pouvait nous rendre notre argent. D uo.

VALCOURT

Porte à ton maître ce portrait :

Ma foi, je le lui sacrifie , T'espère que c'est un beau trait Qu'on pourra citer dans ma vie.

3IICHEL, à part , ironiquement.

Ah ! quel cadeau q\te ce portrait !

Comment, il nous le sacrifie !

(Haut.) Vraiment c'^st un superbe trair Que je n'oublierai de ma vie.

VALCOURT

% Comment la trouves-tu , dis-moi ?

MICHEL, A part.

( Haut. ) Ah ! qu'elle est laide. Elle est jolie.

.Te suis honnête, tu le vois.

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