VALCOURT, MICHEL
MrCHEL.
Parbleu, c'est bien mal à vous de venir nous dépouiller de la sorte...
VALCOURT
J'ensuis fjk;hé;mais la chance tourne et j'en profite.
M I c ir E L.
Vous aviez bien à faire de nous montrer la face de votre dame.
VALCOURT
N'en dis pas de mal , elle est charmante.
MICHEL
A. mes yeux, maintenant, elle est laide à faire peui-.
VALCOURT
Le malheur de ton maître te rend injuste .je n'avais pas encore fait grande attention à cette miniature; mais depuis que je lui dois ce retour de fortune, je commence à trouver ma prétendue ^olie.
MICHEL
C'est bien heureux :... nous voilà bien dans nos affaires : qu'allons-nous devenir?
VALCOURT
Vous ferez comme moi : vous philosopherez.
Vous arrangez tout cela bien à votre aise; vous êtes habitué à toutes ces révolutions; mais nous qui sommes
(les gens de mœurs, de conduite; oh! mon dieu, mon
dieu!
VA.LCOURT.
Calme- toi, je ne suis pas un turc; j'ai même les moyens de vous consoler tous les deux; — [se pcu^lant.^ mais oui , cette idée est bonne ; mais ma tante ?.... Un petit mensonge me tirera d'embarras : je l'aurai perdu. Quand on le peut, il faut faire des heureux.
MICHEL
Il seconsidte; s'il pouvait nous rendre notre argent. D uo.
VALCOURT
Porte à ton maître ce portrait :
Ma foi, je le lui sacrifie , T'espère que c'est un beau trait Qu'on pourra citer dans ma vie.
3IICHEL, à part , ironiquement.
Ah ! quel cadeau q\te ce portrait !
Comment, il nous le sacrifie !
(Haut.) Vraiment c'^st un superbe trair Que je n'oublierai de ma vie.
VALCOURT
% Comment la trouves-tu , dis-moi ?
MICHEL, A part.
( Haut. ) Ah ! qu'elle est laide. Elle est jolie.
.Te suis honnête, tu le vois.