‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 228 sur 340 · TENNI ET MADAME DERVAL · texte numérisé non relu

TENNI ET MADAME DERVAL

Madame Derval!

• VALCOURT

C'est ma tante , une bonne femme que je ne connais pas , mais dont on dit assez de bien dans ma fainille.

Nous y voilà.

MADAME DERVAL, très-étonnée.

Quoi! madame Derval

VALCOURT

Doit avoir chez elle une petite fille, une enfant qu'elle a élevée. Je ne viens dans ce pays (|ue pour l'épouser : ne me trouvez-vous pas l'air d'un futur ?

MADAME DERVAL

lia ! ha !

VALCOURT

(^'est un mariage tramé de loin : je ne peux pas v penser sans rire. Cette tante, un peu singulière, mais

35o LE TRENTE ET QUARANTE,

très -respectable d'ailleurs, m'aime beaucoup; elle est très-riche , et je me prête à l'idée qu'elle a de marier des gens qui sont pour le moins indifférents l'un pour l'autre. J'obéis, j'épouse; mais aussitôt que je serai débarrassé de toutes les cérémonies usitées en pareille occasion, je souhaite le bonsoir à la tante, j'emmène la petite femme , j'emballe la dot, et je vais courir le monde.

MICHEL

Ron, ses extravagances vont nous servir.

MADAME DERVAL, à Michel.

Est-ce un imposteur ? Serait-ce un tour ?

VALCOURT

Connaîtriez- vous ma tante , mesdames ?

JENN I.

Reaucoup. Tout le monde la respecte et l'aime, et vous serez le premier à rougir de votre indiscrétion quand vous la connaîtrez. Vous cherchez madame Derval , elle est devant vos yeux.

MA.DAME DERVAL

Pourquoi l'avoir détrompé?

VALCOURT

Quoi! madame, vous êtes Me voilà bien : adieu

le mariage et la dot.

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