ACTE 1, SCÈNli Y
(Tétait l'esprit, la grâce, unis à la science, (^oninie ils étaient. galants! ils ne pensaient qu'à noi]||^ Et prévenaient en tout nos désirs et nos goûts. Aucun ne dédaignait la moindre bagatelle:' L'un brodait au tanibour, ou faisait la dentelle; .Vujourd'hui, dans le monde, un ton de liberté V renijjlacé la grâce et la civilité.
I50NNARD.
Ma sœur, aux. jeunes gens pourquoi donc faire outrage? Vous avez le défaut des filles de votre âge. Toujours au temps moderne on cite le vieux temj)s . Les pères sont toujours meilleurs que les enfants. Eh bien! moi, je prétends que ce temps-ci vaut l'autre , Et qu'on vaut mieux peut-être encor que dans le nôtre. Nos jeunes gens, instruits aux plus nobles travaux. Dans les arts, à la guerre, ont vaincu leurs rivaux; Des plus grands intérêts leurs aines sont frappées : Nous avons des héros , vous aviez des poupées ; Et si des jeunes gens, ma sœur, viennent me von , Je mettrai mon plaisir à les bien recevoir.
M ADEMUISIÎLLE BONNAllD.
Quoi! de voir le grand monde avez-vous lantuisie '
BON TVA 111).
Mais il est des plaisirs de l'âge de Sophie; Je veux qu'elle en jouisse.
so puir.
Il est vrai que pour nou.s Ce serait un bonheur....
M \i>i;M()lSKLLli BOJN JN AllD.
Vous connaissez nos goùt.s
Notre chère Sophie aime la soUtude, Ht de voir tant de monde elle a peu l'habitude ; Elle sait qu'on ne voit, dans les sociétés, Que des objets peu faits pour être regrettés.
BOJVNARD.
Chère Sophie! en rien je ne veux te contraindre. Et jamais de mes goûts tu n'auras à te plaindre.
SOPHIE
J'en suis sûre; et pourtant....
BONNARD
Il faut de la douceur, Lorsque d'une pupille on veut guider le cœur. Je n'approuve pas ceux qui , par zèle et prudence , Deviennent les tyrans de la faible innocence.
SOPHIE
Je voudrais...
MADEMOISELLE BONNARD
Le moyen est d'agir comme vous; De prévenir l'ennui, d'étudier les goûts D'une jeune personne.
BONNARD
Oui, mais sur nos théâtres, Pourquoi tous les tuteurs sont-ils acariâtres , Sots, défiants, trompés? En vérité, ma sœur, Il me semble qu'on doit respecter un tuteur; Et je souffre vraiment plus que je ne puis dire. Lorsque , pour le railler , tout le inonde conspire ; Quand je vois un amant, un valet effronté, Le berner aux regards d'un public enchanté. S'il arrivait ainsi quelque plaisante histoire