‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 254 sur 340 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

DUBOIS, BaNNARD.

BONNARD

Ah! bon, nous voilà seuls : si je les congédie, C'est pour causer à fond de votre maladie. Vous aimez à parler de vos accès passés : On me l'a dit...

DUBOIS

Qui , moi ? Mais vous me connaissez :

Mes accès ne sont pas très-forts pour l'ordinaire.

BONNARD

Pardonnez-moi , mon cher; je sais bien le contraire. Quand votre mal vous prend , vous êtes dangereux , Même le plus souvent vous êtes furieux.

DUBOIS

Oh ! ne le croyez pas , c'est une calomnie ; On m'a connu toujours une aimable folie.

bonIvard.

Qu'importe? avant six mois, grâce aux bons traitements, IS^ous vous aurons bientôt rendu votre bon sens.

DUBOIS

INon, non, laissons agir maintenant la nature. Avec l'excellent vin , la bonne nourriture, Que l'on trouve chez vous, je veux me rétablir. La promenade encor...

BONNARD

Sans doute il faut sortir:

De peur qu'il ne vous prenne un accès de furie, Plusieurs de mes valets vous tiendront compagnie.

DUBOIS , à part.

Quel diable d'honuneî..^

BONIV ARD.

Allons, oubliez vos douleurs; Et lorsque votre femme a causé vos malheurs...

DUBOIS , étonné.

Une femme! Qui, moi? Je possède une femme!...

BONNARD

Hélas! son souvenir occupe encor votre ame. On dit que la douleur vous fit perdre l'esprit.

DUBOIS

(Apart. ) (Haut.)

On ne me prévient pas... Oui, l'on vous a bien dit, La douleur dérangea... ma tête trop émue; J'aimai beaucoup ma femme... après l'avoir perdue.

BONNARD

J'entends.

J'étais heureux..*, je ne hais pas le bruit; Elle me tourmentait et le jour et la nuit!

BONNARD

En vous remanant, la perte est réparable,

DUBOIS

Ob ! non , j'aime encor mieux mourir mconsolabie.

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