DUBOIS, BELVAL, BONNARD
BONNARD
Blinville, votre ami, nous rejoint à propos.
( A Blinville. )
Etes- VOUS délassé?
BELVAL
Grâce à quelque repos , Je ne me souviens plus de notre long voyage.
BONNARD
JVous pouvons maintenant parler de mariage.
DUBOIS
Oui , c'est fort bien pensé.
BONNARD
Vous êtes prévenu Quel est l'objet par qui vous êtes attendu ? Votre père sans doute...
BELVAL, embarrassé.
Oui, je sais que mon père...
Et puis....
DUBOIS
Sa prétendue est sûre de lui plaire.
On dit qu'elle est charmante ! JÊÈ
BONNARD
Oh! pour charmante, non.
Mais on admire ici son esprit, sa raison : Pourtant , à parler vrai, je crains bien que son âge...
B E L V ./i L , vh ement.
L âge n'empêche point de faire un bon ménage ; Et que font quelques ans ou de moins ou de plus? N'a-t-on pas, à tout âge , un cœur et des vertus ! Je vais bientôt la voir; mais, hélas! le naufrage...
DUBOIS
jNous force de paraître en habit de voyage.
BONNARD
Ahl
DUBOIS
Nous vous apportions des présents du pays , Des singes fort adroits, des perroquets instruits. D'avoir ces animaux des gens ont la manie , Et le^ dames souvent en font leur compagnie : C'est une rareté.
BONNARD
Vous le croyez ainsi ; Mais les singes, mon cher , sont très-communs ici. Parlons de la dot.
BEL VAL
Ah! de grâce, je vous prie.
L'argent fait-il jamais le bonheur de la vie?
BONNARD
Quand on parie d'hymen, on y songe toujours;
C'était au bon vieux temps ainsi que de nos jours.
Votre père, d'2^|j|urs, qui fit cette alliance.
Ne vit dans cet nymen qu'un nœud de convenance :
Il me l'a dit ainsi ; mais je suis enchanté
Dp vous voir si gaîment suivre sa volonté.
A nos projets souvent la jeunesse est rebelle ;