DUBOIS, BEL VAL
BELVAL
Nos affaires vont bien. Oh ! le maudit tuteur !
DUBOIS
L'aventure est unique , et j'en ris de bon cœur.
BELVAL
Ris , ris donc en effet , la chose est très-plaisante !
DUBOIS
Mais votre prétendue est peut-être charmante. Ce n'est pas un enfant...
BELVAL
Faquin , quitte ce ton , Car ta plaisanterie est fort peu de saison.
DirBOIS.
Mais pourquoi vous fâcher? car enfin cette dame Est, malgré ses appas, loin d'être votre femme. Il faut être prudent. Laissez-là vos fureurs. Préparez-vous plutôt à dire des douceurs ; Songez que d'un futur vous occupez la place.
BELVAL
Je n'oserai jamais, la regarder en face.
DUBOIS
Ohl vous avez beau dire, il le faut cependant; Près d'elle, bien ou mal , il faut jouer l'amant.
BELVAL
Nous aurions dû prévoir cet embarras extrême; Mais nous duperait-on par notre stratagème ?
4oo Li:S TUTEURS VENGES.
DUBOIS, vivement.
Pour moi, je jugerais que le tuteur Bonnard Est de très-bonne foi. Tout n'est dû qu'au hasard. Nous savons aujourd'hui , par notre expérience , Qu'un tout autre intérêt conduit Blinville en France.
BEL VAL
Mais peut-on supposer ce bizarre hen?
DUBOIS
Tout s'arrange ici bas lorsque l'on a du bien. La beauté, les vertus, attirent nos hommages; Mais l'argent est le dieu qui fait les mariages.
BELVAL
J'entends du bruit : on vient...
DUBOIS
Ce n'est que le tuteur.