‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 262 sur 340 · SCÈNE ÏX · texte numérisé non relu

SCÈNE ÏX

BELVAL, Mademoiselle BONNARD.

MADEMOISELLE B O IV IV A R D , à part.

Jouons bien l'amoureuse.

B E L V A L , à pan.

Il faut prendre le ton D'un amant, si je veux éloigner tout soupçon.

MADEMOISELLE BONNARD

Parlez-moi sans détour : dois-je en croire mon frère? Suivez-vous sans chagrin les volontés d'un père?

BELVAL

En toute occasion, je lui dois obéir;

4o4 r>ES TUTEURS VENGÉS.

Mais mou obéissance ici n'est qu'un plaisir.

( A part ).

Bien!

MADEMOISELLE BONNA.RD.

Mon âge pourtant devait me faire craindre...

BELVAL

De votre âge, madame, ai-je droit de me plaindre. Quand je trouve à la fois, dans le plus digne objet, D'esprit et de vertus un modèle parfait?

( A paît. )

Au mieux !

MADEMOISELLE BONNARD

Vous m'enchantez!...

BELVAL, à part.

Comment! elle s'enflamme.

MADEMOISELLE BONNARD

Nous sommes seuls; lisez dans le fond de mon ame: Votre père, avec nous depuis long-temps lié, Voulut par d'autres nœuds doubler notre amitié. Ce nœud n'aurait été qu un nœud de convenance , Formé par la fortune et par l'obéissance , Si vos lettres depuis ne m'avaient fait sentir Qu'à vous unir à n)oi vous aviez du plaisir; Qu'enfin vous préfériez aux charmes du jeune âge Des qualités du cœur le solide avantage.

BELVA L.

La jeunesse, en effet, ne saurait me charmer.

MADEMOISELLE BONNARD

Dans toutes les saisons ne sait-on pas aimer ?

C'est ce (jue vous disiez; j'ai trop su vous entendre.

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