‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 263 sur 340 · ACTE II, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IX

Vous écrivez si bien ! votre style est si tendre !

BELVAL

Vous êtes bien honnête.

MADEMOISELLE BONNARD

Ah ! pour moi quel bonheur !

M'écriviez -vous encor , si, prompt comme mon cœur. Franchissant l'océan qui de vos yeux me prive , Je pouvais m'élancer de l'une à l'autre rive.

BELVAL , la regarde et recule.

Je disais tout cela ?

MADEMOISELLE BONNARD

Je m'en souviens trop bien !

BELVAL, à part.

El personne ne vient troubler notre entretien ?

MADEMOISELLE BONNARD

Ainsi, pour notre hymen aucune répugnance?...

BELVAL

Ah! croyez que plutôt ma vive impa-tience...

Mon respect... qui... d'ailleurs... et mon ravissement...

(A part. )

Je ne sais plus que dire.

MADEMOISELLE BONNARD

Ah ! vous êtes charmant !

J'ai craint, je l'avouerai, de trouver dans votre ame, Pour un plus digne objet, une plus vive flamme; Mais, quelque déplaisir que m'eût fait cette ardeur. J'aurais sacrifié tout , jusque à mon bonheur.

BELVAL

Se peut-il ?

/{o6 LES TUTEURS VENGES.

MADEMOISELLE BONNAKD

Je pourrais ^ amante délaissée , IVun amour malheureux éloigner ma pensée, Et près d'une rivale , objet de tous ses vœux , Par pitié pour l'ingrat, servir encor ses feux, Si de sa confiance une preuve sincère...

B E L V A L , transporté.

( Haut. ) ( A part. )

Grands dieux! si vous saviez... Je crains de lui déplaire.

( Il se met k genoux, )

Permettez qu'à vos pieds les plus tendres aveux... Sachez...

MADEMOISELLE BONIVARD, avec la plus grande tendresse.

Je sais combien nous nous aimons tous deux.

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