‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 285 sur 340 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

V^UAND de l'ingrate Aphanasie' J'accuse l'injuste rigueur, Mon rival chante son bonheur, Et chante auprès de son amie !

L'écho sauvage de ces lieux Répète mes plaintes anaères :

Les bois , les rochers solitaires Sont seuls confidents de mes feux.

Puis-je chanter Aphanasie ?

Un autre possède son cœur !

Las ! si j'ai perdu le bonheur , Je dois aussi perdre la vie.

Béniouski, Béniowski !.... Quel nom! il excite ma

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colère. Où est-il maintenant ? Chez le gouverneur : il y voit Aphanasie; et moi, je reste seul dans cette, caverne à maudire mon existence!.... Qu'est-i( plus que moi? Comme moi exilé, comme moi condamné aux travaux les plus honteux, les plus périlleux, il sait s'en affranchir, tandis que je gravis des monts glacés pour y combattre les ours les plus cruels! Lui paisiblement près du gouverneur Millow ! près de sa nièce!... O rage ! Il n'en sort que comblé de présents ; il nous fait part de son triomphe, de son bonheur; nous l'en félicitons encore : il est l'ame de nos conseils , le chef de notre entreprise... Et moi, moi, officier russe, brave, intrépide, je ne suis rien!... Mais Aphanasie!... Ah! voilà ce qui trouble ma raison.

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