‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 292 sur 340 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

BENIOWSKI, SEUL.

Me voilà seul, enfin ; respirons un moment. Combien ma situation est pénible ! Je suis à la tête d'une conjuration juste, louable, nécessaire' au bonheur de six cents individus ; mais contre qui conspiré -je ! contre un homme qui m'a comblé de biens , dont j'adore la nièce, qui a enfreint ses ordres mêmes pour adoucir mon infortune. Ce gouverneur, généreux, humain, n'est point la cause de nos maux ; non , mais il en est l'instrument ; et , malgré son cœur , il fait le mal , et quel mal!.. Ah! s'il pouvait lire dans mon ame... quand il est près de moi!., quand, dans les transports d'une tendre amitié, il me presse contre son cœur!.. Je frémis!., une sueur froide couvre mon front!., tant il est vrai que , quelque juste que soit le motif de notre dissimulation , il en coûte toujours au cœur généreux de tromper ! Mais je crois entendre le gouverneur : je tremble à son approche,

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