ACTE 1, SC^jNE VllI
BÉNIOWSKl.
Grands dieux! je ne puis parler.... la joie.... monsieur.... mon père.... {A part.) O mes infortunés compagnons! pardonnez-moi ; je n'ai pas été maître de mes premiers transports.
LE GOUVERNEUK.
Je jouis de ton trouble. Le bonheur est sur ton visage.
BÉNIOWSKl, à paît.
Le désespoir est dans mon cœur. [Haut.) IN on, je ne puis croire encore que vous dérogiez au point....
LE GOUVERNEUR
Déroger !.... Je donne ma nièce à un brave général qui m'aime, qui passera ses jours avec moi, et qui m'aidera , par ses lumières et par son courage , à renverser les complots des exilés, s'ils voulaient tenter d'anéantir mon pouvoir et mes droits.
BÉNIOV^^SKI.
Ah ! croyez-vous que des hommes qui ont toujours devant les yeux le tableau de leur infortune, et celui de leur innocence , cèdent à des raisons aussi frivoles ? C'est en succombant qu'ils renoncent à leur espoir.
LE GOUVERNEUR
Oui , des hommes comme toi ; mais tous n'ont pas ton caractère , ton énergie. Mais il est tard ; il faut songer aux préparatifs de ton mariage : je veux donner une fête à toute la ville. Viens, Béniowski, accompagne mes pas jusqu'au détour de cette caverne. ( Regardant la caverne.) Conçoit-on que des hommes puissent habiter ces tristes demeures !
'|j8 BEWl^WSKl.
BÉJVIOWSKI.
Conçoit-on (ju'on ait pu les y condannier }
LE GOUVERNEUR
vSonge que tu n'es plus un exilé, et que hi plainte...
Je suis toujours homme, et je sais apprécier les maux que j'ai si long-temps éprouvés.
LE GOUVERNEUR
Allons , suis-moi.
(Ils sortent.)