‹ OEuvres complètes (volume 2)Chapitre 310 sur 340 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

STÉPHANOW, LE GOUVERNEUR.

LE GOUVERNEUR

Exilé, qui t'amène vers moi?

STÉPHANOW.

La vengeance. (Jn te hait, on te trompe , et tu pé riras.

LE GOUVERNEUR

Que viens-tu donc me révéler?

STÉPHANOW.

Une conjuration.

LE GOUVERNEUR

Une conjuration ! Parle.

STÉPHANOW.

.l'y consens; mais avant, il faut que tu me promettes la grâce de tous les conjurés.

Cela n'est pas en mon pouvoir.

STÉPHANOW.

c'est pourtant le seul moyen de savoir quelque chose.

LE GOUVERNEU R.

Je ne puis rien promettre.

STÉPHANOW.

Je ne puis rien te dire.

LE GOUVERNEUR

De la résistance!... Sais-tu (jue mon courroux.. .

472 BENIOWSKI.

STÉPH ANOW.

Je le brave.

LE GOUVERNEUR

Peut-être ton trépas....

STÉPHANOW.

Je le désire.

LE GOUVERNEUR

Quel langage!... Stéphanow, songe qu'en me nommant les auteurs de cette trahison....

STÉPHANOW, vivement.

Ce n'est point une trahison.... Nous sommes innocents , opprimés , avilis : c'est la noble conjuration de la vertu contre le crime.

Je ne puis concevoir Hé bien! sois satisfait; je

pardonne à tes compagnons, et les chefs seuls...

STÉPHANOW.

Des chefs? il n'en est qu'un, un seul qui mérite.... la mort.

LE GOUVERNEUR

Son nom ?

STÉPHANOW.

Béniowski. ^

LE GOUVERNEUR

Béniowski! Cela n'est pas; tu me trompes.

STÉPHANOW

Je t'ai dit la vérité. Les exilés, dans trois jours au plus tard, ont résolu d'attaquer le château : ils sont tous armés; ils n'attendent que le renfort des exilés de la Sibérie. Maîtres du château , ils se seront bien-

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