ACTE II, SCENE VI. l^'J
tôt emparés de la ville, du port, et braveront ta puissance, celle de l'impératrice, en fuyant avec ses vaisseaux. Ils réussiront; Béniowski les commande.
LE GOUVERNEUR
Maintenant je vois pourquoi les exilés de la Sibérie... tantôt son trouble.... plusieurs mots échappés... Il se peut, en effet... Voilà donc le prix de ma bonté! — Exilé, pour récompense du service que tu viens de me rendre , la loi t'accorde ta liberté.
Je n'en veux point.
LE GOUVERNEUR
Que dis-tu donc ?
STÉPHANOW.
Je n'en veux point, te dis-je. Si cet infâme lieu est le châtiment du crime, je dois y rester.
LE GOUVERNEUR,» part.
Allier la grandeur d'ameà la perfidie! (^Haut.) Il suffit : je te remercie de m'avoir découvert ce complot horrible.
STÉPHANOW. ♦
Je ne mérite point tes remercîments. Si je n'ai pas craint de devenir un scélérat , de trahir mes serments , as-tu pu croire que ce fut par intérêt pour tes jours ? Non : je cède à la haine , à la vengeance. J'exècre l'impératrice et ses vils agents. Comme mes compagnons , je suis prêt h. mourir pour échapper à leurs persécutions. Mais, s'il est vrai que je t'aie servi, prouve-moi ta reconnaissance en me faisant donner la mort.
474 BENIOVVSRI.
LE GOUVERNEUR
Quel homme!
STÉPHANOW.
Adieu ! [A part, d'un ton sombre.) Je croyais que la vengeance procurait à l'ame une jouissance plus douce.
(Il sort.)