ACTE II, SCENE IX. Z
LE GOUVERNEUR, au Chancelier et à l'Hetinan,
Écoutez, messieurs. Répète-moi ce que tu viens de me dire.
BÉNIOWSKI, à part.
Je tremble! {Haut.) Je* dis que je serais le plus ingrat des hommes, si je ne conservais pour vous lu plus vive reconnaissance.
LE GOUVERNEUR
Ainsi, tu n'es point un ingrat?
BÉNIOWS Kl.
Non : quelque situation que le destin me préparc , je vous rendrai justice; j'estimerai vos vertus; je donnerai ma vie pour sauver vos jours ; et ce sera, je crois , vous prouver que je ne suis pas indigne de vos bontés.
LE GOUVERNEUR
Tu donnerais tes jours pour sauver les miens î Oh 1 ce grand dévouement mérite une récompense... Chancelier , mettez-vous là ; prenez ce papier , écrivez.
BÉNIOWSKI, k part.
Que veut-il faire?
LE GOUVERNEUR, sévèrement.
« Écrivez que moi, Milow, gouverneur au Kamt- « schatka pour sa majesté l'impératrice de toutes les « Russies, reconnais Maurice-Auguste Béniowski, e\ilé, « mis nouvellement en liberté , pour chef....
. Pour chef...
LE GOUVERNEUR
ic Pour chef de parti contre le gouvernemenl , et
478 BENIOWSKI.
a qu'en cette qualité j'exécute la loi en m'assurant de
u sa personne. »
TOUS
Qu'entends-je ?
LE GOUVERNEUR
Gardes , qu'on le désarme.
BENIOWSKI, tirant son épce.
N'approchez pas!... Gouverneur, si mon dessein était de résister à vos ordres , cette garde , quelque forte qu'elle soit , pourrait ne pas me désarmer. C'est à mon bienfaiteur que je cède : voilà la première preuve que je ne suis pas un ingrat.
( Il remet son épée. )
l'hetman.
Quelle preuve avez-vous de sa trahison ?
LE GOUVERNEUR
Un conjuré m'a tout avoué.