ACTE 1, SCEJNK I
11 nous a promis la victoire....
CHOEUR
II nous a donné le trépas !
Mes amis , quel abyme est ouvert sous nos pas !
UN EXILÉ
J'ai entendu le signal d'alarme; sommes-nous donc découverts?
PINOW.
Il est trop vrai : Béniowski nous a trahis.
TOUS
Est-il possible !
P ANOW.
Le gouverneur a fait rassembler ses Cosaques ; l'ordre a été donné d'arrêter Stéphanow : plusieurs de nos malheureux compagnons, qui erraient sans armes près du château, ont été enlevés à l'instant même. Témoin de cette violence , je vous ai fait prévenir de vous rendre au sein de ces rochers, où nous pouvons, au moins pendant quelque temps, braver la fureur de nos ennemis.
UN EXILÉ
Nous serons forcés de succomber: sans appui, sans chef, sans armes , sans munitions !
F ANOW.
Sans munitions! cette caverne les renferme toutes. Si nous sommes vaincus , dérobons-nous au supplice horrible qui nous est destiné ; embrasons le soufre et le salpêtre que contiennent les flancs de ce rocher, et périssons sous ses éclats ; mais nous vaincrons , si nous nommons pour chef le brave Geslin.
48» BENIOWSKI.
GESLIN
Arrêtez , mes amis : je suis indigne de votre confiance; je fus l'ami du traître... C'est à Stéphanow seul...
STÉPHANOW.
Qui? moi! Oh! non, jamais...
GESLIN
Tu détestais Béniowski : tu leur seras fidèle.
STÉPHANOW.
Ah! dieux!...
GESLIN
Cesse de t'en défendre ; tu leur dois tes talents , ton hras , ton courage : tu périras , ou tu les^ feras triompher.
TOUS
C'est toi que nous nommons.
STÉPHANOW.
Moi, que vous choisissez ? Moi !... 3'accepte : je périrai , ou vous serez vengés.
GESLIN, bas à Stéphanow.
Ecoute, Stéphanow : je partageais l'amitié de Béniowski, je dois partager la honte de son crime. Ces lieux me sont insupportables.
STÉPHANOW.
Quel est ton projet ?
GESLIN
De fuir nos compagnons, d'aller au-devant des exilés de la Sibérie.
STÉPHANOW.
Mais les Cosaques , les monts glacés, les torrents...