ACTE 1, SCEJNE Vil
Moi, vous tromper! grands dieux ! qu'il est loin de mon ame, Ce temps oii je pouvais me jouer d'une femme. Je n'ai pas craint, Sara, de vous ouvrir mon cœur, J^^t vous en connaissez jusqu'à la moindre erreur. ( îes aveux trop honteux de mes fautes passées Auraient dû vous donner de plus justes pensées; Enfin, par ces aveux si j'osai m'avilir. Ils annonçaient au moins un prochain repentir. Je vous ai dit, Sara, qu'une indigne maîtresse Avait, pendant dix ans, suhjugué ma tendresse, ( Si l'on appelle amour un coupable penchant. ) Mais le ciel eut pitié d'un malheureux amant; Il m'approcha de vous , il me fit vous connaître , De véritables feux il embrasa mon être : H changea tous mes goûts; et ce cœur corrompu, En adorant Sara, revint à la vertu.
Je négligeai bientôt mes amis et le monde, J'effaçai de Marwood l'impression profonde. Et j'appris, en brisant ce lien détesté. Ce que peut sur un cœur la vertu , la beauté.
Tu l'emportes , Melfont !