‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 130 sur 400 · ACTE III, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE I

MIL AD Y

En toute circonstance, Ne sentirez-vous pas cette énorme distance Qui doit vous séparer d'un ministre puissant? Vous instruirai-je donc toujours comme un enfant? Par moi, vous arrivez dans une haute sphère, Moi, qui dus épouser un pair de l'Angleterre...

SIR H.VRVEY.

Je le sais; le futur mourut subitement.

MIL ADY.

Ah! vous blessez mon cœur, et bien cruellement.

SIR HARVEY

Madame, plus que vous encor je le regrette.

MIL ADY. ■

Enfin, pour votre bien, monsieur, je vous répète Qu'il faut pour ma famille être plus circonspect. Un nom comme le mien mérite le respect; Oui, votre ton bourgeois excite ma colère. Un ministre en faveur peut-il être un beau-frhrel Appelez-le Sa Grâce, ou, si c'est entre nous. Vous direz milord-duc.

SIR HARVRY, à part en gromelant.

J'étouffe de courroux.

Comment , morbleu !

MIL ADY.

Quoi donc?

SIR HARVEY, à demi-voix.

Quand sa sœur est ma femme, Et lors([ue j'en enrage encore au fond de l'ame.

2o8 L'ORATEUR ANGLAIS.

MIL AD Y

Vous dites ?

SIR HARVEY

(Bas.)

Rien du tout. Quand pour ce grand honneur "Je lui forme une dot d'une immense valeur....

MIL ADY.

Encore.

SIR HARVEY, ayant toujours peur d'être entendu.

On me permet de les nommer, par grâce, Ma femme, miîady, le beau-frère. Sa Grâce.

MILA DY

Vous raisonnez?...

SIR HARVEY

Je pense au nouvel opéra : On dit...

MILA DY

Mais aujourd'hui, c'est un jour de gala : Je le verrai ce soir, à la cour on le donne.

SIR HARVEY, A part.

Bon ! ce soir nous n'aurons dispute avec personne.

Page 1