ACTE III, SCENE VIII. U
Que je suis donc heureux! je vous ai retrouvée. Oui, miss, c'est !)ien en vain que, fuyant mon pavs , J'ai sur le continent promené mes ennuis ; Toujours plus malheureux et toujours plus coupable. Je vous rapporte un cœur que le chagrin accable.
MISS OUJtLSON.
Vainement, cher Weymour, vous me désespérez;
Des liens inconnus nous tiennent séparés.
Si je ne réponds pas à votre ardente flamme ,
C'est qu'un tel sentiment n'est pas fait pour mon ame ;
Vous m'estimeriez moins s'il v pouvait entrer :
Ne pouvant le sentir, craignant de l'inspirer,
Je n'ai ni le pouvoir, ni le désir de plaire.
H KNRI.
Un autre plus heureux, peut-être moins sincère....
MISS ODELSON.
Non : le seul sentiment qui fit battre mon cœur
Fut le chagrin d'un père et l'aspect du malheur.
Dès mes plus jeunes ans, dans les bois transportée.
Je vis par les besoins mon enfance attristée.
Si j'avais le désir d'être aimée et d'aimer.
Je ne pouvais songer à celui de charmer ;
Aussi de ce désert, témoin de tant de larmes.
J'ai rapporté mon cœur en ignorant mes charmes :
Ce cœur infortuné , par le malheur aigri ,
Pour les sentiments doux est désormais flétri.
Il n'en connaît qu'un seul.... Non, ce n'est pas la haine ;
Mais un secret mépris pour votre espèce humaine ,
Les faux amis, surtout le ministre puissant