Tome IX. I
Qui proscrivit mon père , et mon père innocent !
HENRI
Un ministre aurait donc par un acte arbitraire?... Mais jadis devant moi parlant de votre père. Je ne me souviens pas qu'alors vous ayez dit Que par quelque méchant il eût été proscrit.
MISS ODELSOIV.
Je devais le cacher; mais bientôt, je l'espère.
Je pourrai de ma vie éclaircir le mystère :
Quand vous la connaîtrez, vous comprendrez, Weymour,
Que ce cœur n'est pas fait pour éprouver l'amour.
HENRI
Je vous vis trop souvent de la mélancolie. C'est donc à vos malheurs, à la misanthropie. Que vous deviez ces mots si vifs et si piquants Que votre esprit aigri lançait contre les grands ? Quelquefois à mon nom j'ai vu votre visage, Au moment d'un souris, se couvrir d'un nuage : Ce changement subit, en altéiunt vos traits, Ajoutait, s'il se peut, encore à vos attraits. Oui , vous me paraissiez une femme nouvelle , Qu'un regret douloureux rendait encor plus belle; Vos gestes, vos soupirs, votre douce pâleur. Ce besoin d'un appui , ces grâces du malheur, Tout vous embellissait et rendait plus amère La douleur que j'avais de ne pouvoir vous plaire.
MISS ODELSON.
Ai-]e pu refuser l'offre de votre cœur
Sans combattre moi-même un sentiment vainqueur?
Sans un secret plaisir je ne pus vous entendre.