ACTE m, SCÈNE VIII
Pour la première fois un langage si tendre , Et l'aveu d'un ainour qu'éloignait ma fierté , Frappèrent mon oreille; et ma sincérité
Qui ne peut point encor se régler par l'usage ) Vous aurait avoué que ce cœur le partage, Sans le funeste arrêt d'un sort vraiment cruel Qui met entre nous deux un obstacle éternel.
HENRI
Qu'entends-je ! vous m'aimez? vous venez de le dire : Chère miss! rien ne peut vous peindre mon délire. Que parlez-vous d'obstacle? en peut-il être un jour Entre des cœurs unis par le plus tendre amour? Ah ! daignez éclairer sur vous mon ignorance. Laissez-moi pénétrer la secrète existence Oue vous avez traînée en vos affreux déserts : On aime à raconter les maux qu'on a soufferts. Parlez de votre père et de votre jeune âge ; .Te vous plaindrai d^abord, je ferai davantage : Dès qu'un nœud solennel aura comblé mes vœux. Auprès du souverain nous irons tous les deux. Au succès de vos droits j'intéresse mon père ; 11 est juste, puissant par un grand ministère: Et, fort de tant d'appuis, je livre l'oppresseur En proie à tous les maux qu'éprouva votre cœur.
MISS ODELSOIV, tioublée.
( A part. )
Que dites-vous? à ciel! Ah! contraignons notr^ ame.
( Haut. )
Contenez votre amour qu'un vain espoir enflamme , Et croyez bien surtout que votre père et vous
iNe pouvez me venger, ni diriger mes coups. Edouard est chargé du soin de ma défense.
HENRI
Edouard! quel soupçon!... Tous deux d'intelligence... ,1e vois qu'un intérêt...
MISS ODELSON.
Je ne l'ai jamais vu , Et cependant, monsieur, il m'est beaucoup connu. Il peut, en se chargeant du soin de ma vengeance. Obtenir de grands droits à ma reconnaissance. Il sera mon ami : n'en soyez pas jaloux ; (^ar moins que vous il peut devenir mon époux.
HENRI
De ce nouveau mystère....
MISS ODE I- SON
Ah ! craignez de l'apprendre.
( Se disposant à sortir. )
•le rejoins lord Derby qui chez lui doit m'attendre.
Ijord Derby de mon père est le grand ennemi.
MISS ODELSON.
Et de miss Odelson le plus puissant ami.
HENRI, à part.
Serait-ce le ministre?..
MISS ODELSON.
Il faut que je vous laisse.
Cependant Edouard... Mais le moment me presse. S'il rentrait, qu'avec vous il m'attende en ce lieu.
( Avec tendresse. )
Pour la dernière fois nous nous dirons adieu.
VCTE 111, SCENE IX. ^a^
HENRI. '. -
M) ! je n'entrevois plus qu'un avenir sinistre.