‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 153 sur 400 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HENRI, EDOUARD

EDOUARD

Je ne l'ai point trouvée ; oui , mes courses sont vaines ; Et je n'ai retiré d'autre fruit de mes peines Que d'entendre partout louer miss Odelson.

Tu la verras bientôt, et dans cette maison. Afin de t'y trouver elle est tantôt venue. Et dans peu.,..

EDOUARD

Je l'attends. Sans doute qu'à sa vue Tu n'as pu retenir les plus tendres aveux.

HENRI

Dans un autre moment je me croirais heureux.

u36 L ORATEUR ANGLAIS.

Elle m'a dit enfin que j'avais su lui plaire; Mais soudain se couvrant d'un funeste mystère , Elle trouve à mes feux un obstacle cruel.

É DOTJ ARD.

Pour un amant aimé point d'obstacle éternel. Moi, de le surmonter je conçois l'espérance; Et sur mon amitié tu peux compter d'avance.

HENR I

Ah! mon cher Edouard pourras-tu réussir? Je prévois au contraire un bien triste avenir. Si l'amour un instant agite sa pensée , D'un sentiment plus fort son ame est oppressée : Sa famille, livrée à quelque grand malheur, D'un douloureux regret a pénétré son cœur; Et d'un homme puissant dont elle fut victime C'est par toi qu'elle veut nous révéler le crime. Appelé par le peuple à défendre les lois , f u lui dois ton appui , tes talents et ta voix ; Et, d'après ses projets, il doit être probable Que tu sais ses malheurs et le nom du coupable.

Je vais bien t'étonner en attestant ma foi ,

Que sur miss Odelson j'en sais bien moins que toi.

Je ne l'ai jamais vue, et de son existence

Seulement ses bienfaits m'on donné connaissance.

Sa lettre, qui m'apprit que l'on m'avait élu ,

jM'annonçait en effet qu'elle avait résolu

De combattre par moi quelque grande injustice.

Un puissant, m'a-t-on dit, d'un crime est le complice;

Quant à ce grand coupable et tout ce qu'il a fait ,

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