ACTE IV, SCÈNE IV. o
Qui proclame les lois au nom du souverain, I<es fait exécuter la balance à la main ; On l'accuse tout haut de fraude ou d'ineptie , D'être ennemi du peuple et traître à la partie.
EDOUARD
Les hommes sur ce point ne sont pas très-sensés; .
Mais à voir les abus ils sont intéressés :
Et je conviens qu'ils font éclater leurs murmures
Contre les possesseurs des grandes sinécures.
Mais quant au magistrat qui fait ahner les lois ,
Au ministre éclairé qui par divers emploia
Obtint du souverain toute la confiance ;
Qui, juste par principe, est fort sans violence;
Qui , le garant des lois et de la liberté,
Fixe son grand pouvoir au terme limité ;
Qui veille pour le peuple et prévient sa misère;
Qui ne le trompe pas et l'administre en père ;
Un tel homme d'état méritant nos respects,
Du peuple quand il quitte , emporte les regrets :
Quand même quelques traits d'une maligne envie
Pendant son ministère auraient atteint sa vie.
Son nom dans tous les cœurs, inscrit et respecté.
N'en sera pas moins cher à la postérité.
HENRI, amèrement.
Rien! je vois qu'un ministre, en dépit de sa place. Peut avec des vertus devant toi trouver grâce; Mais si miss Odelson veut le voir abattu, Tu viendras l'accuser en plaignant sa vertu.
É DOUARD
Dans ce que tu me dis je vois de l'ironie.
a/io L'ORATEUR ANGLAIS.
T'aurais-je donc blessé par quelque repartie?
Je sais que le hasard, qui dispose des rangs.
T'a placé pour briller un jour parmi les grands;
Et comme je connais ton cœur et ton mérite.
Pour le bien des Anglais , oui , je m'en félicite ;
Mais moi que la naissance a jeté loin de toi ,
Et qui pour m'élever n'aurai d'appui que moi ,
Peux-tu trouver mauvais qu'en mon poste honorable
Je recherche une gloire et brillante et durable?
Orphelin méprisé, sans amis, sans parents,
J'ai dû sur mon pays porter mes sentiments;
Et déjà je l'aimais en commençant la vie;
Oui, mon cœur palpitait au doux nom de patrie.
Pour marcher à mon but je dévorais le temps.
Et mes jeunes désirs et mes travaux constants
Étaient tous dirigés vers cet honneur insigne
De défendre nos droits, surtout d'en être digne.
Ah! puisque vers ce but me voilà parvenu,
Puisque par des succès je suis déjà connu.
Je prétends et je dois étendre ma carrière.
A des yeux aveuglés j'offrirai la lumière;
Lutteur infatigable , aux ministres du roi,
Tout en les respectant j'opposerai la loi.
Sans que la passion ou m'égare , ou me presse ,
Armé de la parole, ils me verront sans cesse.
Non pour les effrayer d'un vain ressentiment.
Ou pour briguer l'éclat d'un succès du moment ;
Mais bien pour mon pays, pour l'état, pour sa gloire.
Ah! si par le courage on vit dans la mémoire,
J'ai cet espoir qu'un jour mon nom sera cité