‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 165 sur 400 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

EDOUARD , CLARA ; Madame FOLLEVILLE , Miss ODELSON , cachées.

ÉDOn ARD , entrant vivement avec Clara.

Chère Clara, songez...

CLARA

Non, vous avez beau dire; Et ce n'est pas ainsi que l'on doit se conduire.

C'est que le baronnet a voulu s'amuser.

CLARA

Eh 1 non , à notre hymen il prétend s'opposer. Edouard , m'a-t-il dit, accuse mon beau-frère;

Qu'il renonce à ta main , je ne suis plus son père.

EDOUARD

Mais, qui l'a donc instruit?

CLARA

Il m'a dit tout savoir Par Henri, qui sortait, et venait de vous voir. C'est pourtant votre miss, (jue j'aimais tout à l'heure, Mais que je n'aime plus, depuis qu'en ma demeure Elle vient de porter le trouble, et me ravir Un espoir qui m'offrait le plus doux avenir. Qu'avait-elle besoin, cette miss singulière. De venir en ces lieux? L'amitié que mon père Avait pour vous, ingrat, aurait tout applani; Il aurait triomphé , môme de milady ; Mais pas du tout, monsieur se charge d'une affaire; Se fait le champion d'une belle étrangère ; Et, pour mieux la servir, du ministre en faveur. Sans trop savoir pourquoi, devient l'accusateur! Un pareil dévoûment peut-il bien se comprendre? Vous ne répondez rien, mais je sais vous entendre; Et je vois clairement, par ce silence-là, Que vous n'avez jamais aimé votre Clara.

EDOUARD

Pouvez-vous le penser ? Moi , qui toute ma vie Ai vu dans ma Clara ma sœur et mon amie; Celle dont les vertus et le sensible cœur Devaient, par notre hymen, assurer mon bonheur.

Et prouvez-le moi donc , monsieur, dans l'instant même ; Peignez à votre miss notre embarras extrême ;

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