‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 182 sur 400 · ACTE I, SCENE T. a · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE T. a

JUAN

Dans cet appartement? mais sa seigneurie ne sait pas où elle est, je le vois bien.

DESTOUOHES.

Que m'importe ? Je sais au moins que je suis clans le palais que doit habiter la nouvelle reine.

Jll ATf.

Je ne dis pas le contraire ; mais vous êtes dans le grand salon delà princesse des Ursins. C'est ici qu'elle reçoit sa cour. Cette porte donne dans la galerie qui conduit à l'appartement que la reine doit occuper.

DESTOUCHES

Qu'ai-je besoin de savoir tout cela ?

JUAN

Quoi ! sa seigneurie tient à la cour et craint de connaître les êtres et les petites portes de la demeure des rois! Oh ! en Espagne, nos courtisans sont plus adroits; il n'en existe pas un qui ne parcoure tous les détours du palais, aussi bien que le concierge.

DESTOUCHES, à part.

Le drôle a raison.

JUAN, à part.

Pour un Français , il n'aime pas la conversation. (Haut?) Ainsi j'avertirai mon maître que vous l'attendez ici. En effet, il est très-matin, et sa seigneurie peut rester sans se compromettre. On se rendra tard au lever de la princesse. Hier soir nous avons eu gala.

DESTOUCHES

Pourquoi donc gala ? Mais le roi et la reine ne s'étant point encore vus...

a86 LA PRINCESSE DES URSINS.

JUAN, d'im ton important.

Oh ! cela n'empêche rien. Le roi n'attend la jeune reine qu'à Guadalaxara , et "c'est à cause de cela qu'il a envoyé sept lieues en avant la princesse" des Ursins.

DFSTOTJCHES, riant.

Ah!

J U AN , finement.

Toute la noblesse , qui se doute bien que la Camarera mayor restera favorite, et conservera près de la Parmésane tout le pouvoir qu'elle avait sous la feue reine , s'est empressée de la suivre à Quadraquez, moins pour voir la jeune Elisabeth que pour faire sa cour à la princesse... Dans l'intervalle de l'arrivée on donne des fêtes , et ces fêtes nous donnent beaucoup de mal à nous autres pauvres domestiques , surtout à moi qui n'ai pas encore trop l'usage du grand monde.

DESTOUCHES, à part.

Voilà bien le plus grand bavard...

JUAN

Mais je commence à )ne former. Le valet de chambre de la princesse, qui est un homme comme il faut, me donne de bons principes ; et pour peu que mon maître se pousse encore, comme il l'espère bien, je pourrai devenir un personnage important.

DESTOUCHES, à part.

L'impertinent! . Eh bien ! il m'a appris quelque chose.

JUAN

Puisque sa seigneurie n'a plus ri^n à savoir, j'ai bien l'honneur de la saluer. [Il fait quelques pas pour

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