SCENE T
JUAN, DESTOUCHES
JU AlV.
vJui, excellence, don Salvador VOUS a attendu toute la nuit.
DESTOUCHES
Ce n'est qu'à la pointe du jour que je suis entré dans Quadraquez. La reine n'est pas encore arrivée? j u A F.
Non, on ne l'attend pas avant deux jours. La princesse des Ursins, qui doit le savoir, le disait hier à toute sa cour.
#DESTOUCHES, riant.
Sa cour. — Aussitôt que don Salvador sera fie retour, vous Tavertiicz que le Français
j84 la princesse des ursins.
JUAN
Comme j'ai l'honneur d'être son valet de chambre, je sais très-bien qu'il attend votre seigneurie avecgrande impatience. Il m'a même envoyé plusieurs fois sur la route de Guadalaxara. Il ne m'a pas dit toutà-fait le motif qui lui faisait désirer votre présence; mais je sais qu'il s'agit d'affaires très-importantes.
DESTOUCHES
Ah! vous savez que je viens pour affaire... Comment! il vous aurait confié.,.?
JUAN
Non, au contraire, c'est parce qu'il m'a défendu de parler... Peste! je sais bien qu'il faut être prudent quand on est au service d'un homme de la cour, et surtout d'un ancien secrétaire du grand-inquisiteur. Mon maître me le recommande bien tous les jours. « Ecoutez, mon « fils, me dit-il (car il nous parle comme un père), ne « rapportez jamais rien de ce qui se passe chez moi ; « mais quant à ce qui se passe chez les autres et même « chez la princesse, vous pouvez m'en avertir. Comme «je suis son ami, son conseil, il est utile que je Sache « tout pour son intérêt , celui du roi et de la religion. »
DESTOUCHES, à paît.
Le caffard! je ne m'étonne pas s'il est à la fois l'agent d'Alberoni et du cardinal Giudice.
JUAN
Sa seigneurie n'a rien à me demander?
DESTOUCHES
Non, si ce n'est de prévenir votre maître que je l'attends dans cet appartement.