SCENE I
La marquise, rosette.
( Plusieufs domestiques les précédeut ;i\ ec des flambeaux et allument le feu. )
ROSETTK.
Vj^uiTTER les plaisirs de la ville.
Venir, l'hiver, dans ce manoir; Ah ! je n'y puis rien concevoir.
LA MARQUISE
Ici mon séjour est utile,
Car il est, dans ce vieux manoir.
Un prisonnier que tu vas voir.
ROSETTE
Bon! madame, vous voulez rire: En ces lieux qui l'a pu conduire?
LA MARQITISE.
C'est par mon ordre, assui^'nient, Même par un enlèvement.
ROSETTE
Qui donc a h\i l'enlèvement?
LA MARQUISE
C'est mon concieri^e.
ROSETTE
Quoi ! vraiment I
Je ne puis m' empêcher tic rire.
Est-ce la mode du moment, De faire enlever son amant?
LA MARQUISE
Très-bien ! je te permets de rire.
Oui , c'est la mode du moment , De faire enlever son amant.
ROSETTE
De grâce, daignez me le dire:
Le prisonnier est-il bien fait ?
LA. MARQUISE
D'après ce qu'on m'en a pu dire, Il est aimable et très-bien fait :
Enfin , le jeune homme est parfait.
ROSETTE
Non, madame, vous voulez rire;
Vous plaisantez à mes dépens.
'^ I Veuve qu'on aime et qu'on admire ^ 1 N'enlève point ainsi les gens.
^ / LA MARQUISE
Allons , je te permets de rire :
Plaisante même à mes dépens ; Car, dût tout le monde en médire , Je veux Caire enlever les gens.
ROSETTE
Non , madame , vous ne me ferez jamais croire que votre concierge , ce brave Belami , ait donné les mains...
LA MARQUISE
Ah! tu fais son éloge. Je ne me suis donc pas trompée en croyant que l'été dernier il t'a fait la cour. Il t'aime ?