ACTE II, SCENE III. '5iv
que j'ai sur Pliilippe doit déplaire au gouvernement français. Louis XIV, en plaçant son petit-fils sur le trône d'Espagne, y prétendit régner sous son nom. Sans m'opposer ouvertement à ses prétentions, j'ai su diriger Philippe et lui donner le caractère qu'il doit avoir pour l'honneur de la monarchie. Cette indépendance déplaît de plus en plus aox ministres de France , et le nouveau mariage , que j'ai fait négocier sans leur participation , doit les avoir tout-à-fait irrités contre moi. Je ne m'abuse pas sur la position où je me trouve , et j'ai vu , dans la dernière lettre de madame de Maintenon , une froideur qui contraste singulièrement avec toute sa correspondance.
LA MARQUISE
Mais elle est votre amie, et comme vous élevée au plus haut degré de la faveur, elle serait la première à vous avertir des pièges qu'on pourrait vous tendre.
LA PRIIVCESSE.
Ma chère marquise , la politique n'admet pas ces sentiments du cœur qui font le bonheur de la vie. Si le maître a parlé, je dois avoir tort. Les amitiés disparaissent quand notre intérêt personnel est compromis.
LA MARQUISE
Vous ne le croyez pas! quoi! vous pourriez douter du cœur de vos amis !
LA COMTESSE
Chère princesse! vous nous supposez...