‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 214 sur 400 · ACTE li, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE li, SCÈNE V

monarque et l'intérêt de la couronne. Que voulez-vous, mon cher duc, il est des préjugés que ma raison ne peut admettre, et je ne regarderai jamais comme un bonheur pour l'Espagne et un triomphe pour la religion, l'intolérance et la persécution.

LA MARQUISE

Ah ! bon dieu! quelle discussion sérieuse ! se peut-il que l'arrivée de ce Français vous occupe à ce point? vous , madame , dont rien au monde ne peut abattre le crédit , vous qui avez résisté au pouvoir de Louis , vous que Philippe regarde comme sa sœur et sa meilleure amie, vous dont l'esprit séduisant.... Mais c'est que toutes ces idées noii^es paraissent vous affecter, et, je vous le répète, je crains que votre santé n'en souffre.

LE DUC

Je suis de l'avis de notre tendre marquise : c'est mettre trop d'importance à une bagatelle.

LA PRINCESSE

Il est vrai. Je ne sais pourquoi mon imagination s'est ainsi frappée. Eh bien , laissons tout cela.... Parlons de la réunion que nous aurons ce soir. Je crois qu'elle sera encore plus nombreuse qu'hier.

LE DUC

L'espoir que nos seigneurs ont d'être présentés les premiers a rendu votre cour très -brillante. J'ai été tout surpris de voir le duc de Ripera.

LA PRINCESSE

Je l'ai boudé quelques mois ; mais il revient de si bonne grâce.

Moi , je ne conçois pas que la comtesse Dormerias ait osé s'y présenter.

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