‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 237 sur 400 · Tome IX · texte numérisé non relu

Tome IX

354 Là PRINCESSE DES URSINS.

rappelle que, dans ma très-grande jeunesse, j'y ai causé avec Racine et Boileau.

DESTOUCHES

Ils avaient des titres que je suis loin de posséder.

LA Pli INCESSE, /meinent.

Il me semble pourtant que l'on vous en croit beaucoup en vous chargeant d'une mission délicate.

DESTOUCHES

Je n'ai d'autre mission que celle que je me suis donnée. Voir l'Espagne, admirer ce qu'elle a de beau, de grand, de remarquable; voilà mon but, et, d'aujourd'hui seulement, je m'y crois parvenu.

LE DUC

Allons, c'est très-bien, mon cher Destouches , pour un nouveau diplomate, vous ne vous en tirez pas mal.

LA. PRINCESSE

Cette réserve ne me surprend pas ; monsieur Destouches veut me connaître avant de m'accorder quelque confiance; cependant il a trop de connaissance des mœurs de notre cour pour ne pas savoir que , quelle que soit l'affaire qui l'appelle au-devant de la reine Elisabeth , j'en serai la première instruite. Il sait, comme tout le monde, que les ministres du roi ne dédaignent pas mes conseils; que tous nos ambassadeurs me supposent capable de contribuer à la bonne harmonie que Philippe désire faire régner entre les puissances étrangères : peut-être n'est-ce qu'une simple galanterie de leur part; mais il m'est doux au moins de recevoir cette marque de déférence qui ne peut que devenir

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