SCÈNE XIII
VERSAC, BELAMI, ROSETTE, la. MARQUISE.
LA MARQUISE
Je ne sais que lui dire.... Mais c'est que je tremble, vraiment.
ROSETTE
Ah! vous avez bien de la bonté de le craindre. C'est bien, comme on vous l'a annoncé, le petit pédant le plus ridicule... ,
VERSAC , à part.
Surtout, n'oublions pas que je dois être un grave personnage.
LA MARQUISE
Vous devez trouver, monsieur, ma conduite bien inconcevable.
VERSAC , d'un ton sérieux.
Inconcevable est-il bien le mot dont madame doit se servir?
LA MARQU ISE.
Je vois que vous êtes fâché contre moi.
VERSAC
Ai-je tort, madame? Arracher un jeune homme tranquille, à sa femille, à ses études!
ROSETTE, à paît.
Voyez le petit saint !
VER SAC
Le retenir prisonnier clans un château, le livrer à tous les dangers de la séduction.
LA MARQUI SE, Apait.
Mais voiltà un reproche.
B E L A M I , à part.
Il est fou!... Un officier qui craiut d'être séduit?
VERSAC
Peut-on prévoir les suites de votre imprudente démarche. Je n'y pense qu'avec effroi ; moi , faible , sans expérience , près de vous , à toute heure.
ROSETTE, à part.
Le voilà bien malheureux !
VERSAC
Ne dois-je pas craindre que ce cœur sensible , mais vertueux , qui n'a point encore connu Famour , ne se laisse prendre à des charmes.... Aliî
ROSETTE, ipaif.
C'est ce que nous voulons.
VERSAC
Mais j'espère pouvoir leur résister. Tous les philosophes, Sénèque, Socrate, mes conseils, mes vrais amis, viendront à mon secours.
BELAMI.
A votre secours. Ah! que ces messieurs y viennent! j'en ai vu de plus malins....
LA MARQUISE
Je vous ai laissé parler, monsieur;* c'est à mon tour de vous répondre: vous avez peut-être raison d'intcu-- ])réter mal ma conduite avec vous ; elle doit en eflet