ACTE V, SCENE VIT
LE DUC, à la comttssf;.
Chère comtesse, ne vous donnez pas la peine fie répondre à cela; votre réputation est ])ien faite.
LA ]M A RQUl SE, timidement.
Je suis convaincue qu'on n'a pu vous dire de moi....
LA PRINCE s SI-:.
Non , je vous crois encore mon amie, et j apprendrais avec bien du chagrin que vous leur ressemblez.
É L É O IV O R F. , à Destouclirs.
Si ma tante l'avait entendue!
D E s T o U C n E s , A Éléonor*"
C'est un autre genre.
LA MARQUISE
Et vous avez donc bien à vous plaindre d'Elisabeth ? J'v prends une part....
LA PRTNCESSE.
Eh '.pourquoi vous caclierais-je quelque chose? Ai-je donc à rougir? Non , non, ce n'est pas à moi de rougir, et ma conscience est tranquille.... Mais quelle odieuse combinaison! et dans quel piège on m'a conduite! et c'est le roi , le roi pour lequel j'aurais donné ma vie , qui me livre à l'injure d'une enfant dont la fortune fut si long-temps dans mes mains , et y serait encore sans la violence et la perfidie.
LE DUC , bas à la comtesse.
Elle parle du courrier.
LA PRINCESSE
Traître Albéroni î vile créature du duc de Vendôme, te voilà donc parvenu à tes fins. Tu n'as voulu me précipiter du faîte des grandeurs, que pour t'élever sur Tome IX. 28
mes débris. Mais je serai vengée. Je ne sais quel pressentiment me dit que ton génie confus et vindicatif causera la ruine et la honte de l'Espagne. Infâme! ne pouvais -tu donc me renverser sans insulter à ta victime? Oh ! je la vois encore, cette reine adolescente, jeter sur moi, des regards de mépris... Le mépris sur moi ! dont l'ame généreuse ne voulut jamais que le bien ; sur moi , qui puis m'honorer d'avoir vu les plus grands princes de la terre à mes pieds; sur moi , qui connus l'amitié , la bienfaisance , tous les sentiments généreux qui peuvent faire excuser la puissance?... Et c'est en parlant de moi qu'une enfant ose dire : Qu'on fasse sortir cette folle de mon appartement !