‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 308 sur 400 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

DESTOUCHES, L'HUISSIER, La PRINCESSE.

OESTOUCHES, à la princesse qui est revenue tout-à-fait au mo. meut où la marquise ne l'a plus soutenue. Léon et Eléonure sont à ses pieds et tiennent chacun une de ses mains.

Eh bien , madame , je vous avais recommandé le coulage et je vous avais prédit cette solitude d&ns laquelle vous vous trouvez. Avais-je tort?

LA PRINCESSE

Et cette marquise aussi!

Ih! uia tante si vous l'eussiez entendue tantôt, votre cjieur n'eût pas duré.

44o LA PKINCESSE DES UKSINS.

LÉON

J'ai été seulement étonné qu'elle résistât si longtemps.

DESTOaCUES.

Vous parliez d'amis. Les voilà, vos vrais amis, voilà des cœurs que n'a point corrompus l'air empesté des cours, et qui, unis par les liens de l'hymen, pourraient vous faire oublier et les chagrins d'une disgrâce et vos grandeurs passées.

LÉO N

Madame, je veux consacrer ma vie à vous servir.

ÉLÉONORE

Vous n'aurez pas d'enfant plus soumis, plus respectueux.

DESÏOUCHES.

Les plaisirs d'un doux intérieur ont bien aussi leurs charmes. On n'y craint point au moins l'abandon et la perfidie.

LA PRINCESSE

, Oui, je sens que les plus grands chagrins peuvent se calmer lorsque sur son sein l'on peut presser des cœurs purs. i^Elle les embrasse tous deiix.^ Léon , vous quitterez le service d'Espagne, et vous me suivrez en Tourraine :* cette belle solitude, que tous les arts français se sont empressés d'embellir , j'étais loin de m'attendre qu'elle bornerait un jour tous mes vœux. (^ Destouches. ) Et vous qui , en remplissant comme vous le deviez les devoirs qui vous étaient iu}posés, avez mérité mon estime par vos douces consolations, recevez mes remercîments , et croyez que ce cœur, dont la seu-

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