‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 319 sur 400 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Le comte. Madame DO R MON.

LE COMTE

Quoi! Durand n'a pas dit?...

MADAME DO RM ONT

Non, il veut vous parler De vos enfants, je crois.

LE COMTE

Vous me faites trembler !

Est-ce quelque malheur? — Hélas! dans un voyage, Mon fils aîné jDerit à la fleur de son âge ; Plus tard, mon second fils, toujours loin de mes yeux. Nouvellement époux , rejoignit ses aïeux...

MADAME DORMON.

Ah ! vous me rappelez une cruelle épreuve î

LE COMTE

Pardonnez ! j'oubliais qu'aussi vous êtes veuve. Ma crainte est sans motif : Durand vous aurait dit

5oo LE COMPLOT DE FAMILLE.

Quel élait le sujet qui troublait son esprit?

Il en voulait, je crois, à toute la famille.

LE COMTE

Sans doute il aura vu ma chère belle-fille;

Mon gendre, ce baron cité comme un gourmand ;

Leur insigne folie et leur ton arrogant

Auront plus que suffi pour le mettre en colère.

Que l'on m'estime peu, moi, qui suis un beau-père.

Soit; mais que la marquise apprenne à son cher (lis

( Qu'elle appelle du nom de monsieur le marquis "l

( D'im ton pjqiu'. )

Que je suis son aïeul. — Si je veux l'en instruire. Le marquis m'écrira, pour peu qu'il sache écrire. Mais peut-on concevoir qu'un noble rejeton Que l'on sait héritier de mes biens, de mon nom. Ne m'ait jamais été présenté par sa mère?

( Après une pause. )

Ahl ce cœur est blessé de plus d'une manière!...

Je ne vois point aussi mes fils les chevaliers,

Ni ma jeune baronne.... Ils sont tous singuliers!

Qui pourrait empêcher mes jeunes capitaines

De visiter leur père et ses vastes domaines ?

Tous deux pourraient venir quelques mois, tous les ans.

Voir le lieu -qu'ils aimaient quand ils étaient enfants !...

Non, ils vont à Paris, son charme les entraîne.

Et pour ces jeunes fous le devoir est la gêne.

Je m'en suis consolé. — Pour calmer mes regrets.

J'ai mon jeune Edouard, ses travaux, ses progrès,

Et vos aimables soins , qui sont cei>x d'une fille :

Page 1