‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 322 sur 400 · PUR A NI · texte numérisé non relu

PUR A NI

Mais il voulait s'instruire.

A ses questions, moi, j'ai répondu par rire: Et comme il ne saurait garder son sérieux. Nous avons ri , monsieur , tous deux à qui mieux mieux ; Mais, malgré sa gaîté, j'ai fini par comprendre Que votre belle-fille et monsieur votre gendre Devaient, le lendemain, partir pour ce château.

LE COMTE

Quoi! pour me venir voir? Ah î le projet est beau !

D li R A N D.

Vous connaissez le cœur de votre belle-fille?

XC'ÏE I, SCKiNJ-: VI. 5o3

Je crains, moi, (ju'il n'existe un complot de famille.

LE COMTE

Es-tu fou?

IMA.1)AME D OR M ON

Mais sur quoi fondez-vous ce soupçon?

DURAND

Pour m'expliquer ainsi j'ai certaine raison.

LE COMTE

Tu veux que mes enfants....

DURAND

Pour vos deux militaires, Je crois bien qu'ils ne sont pour rien dans ces affaires ; Mais la bru, mais le gendre et ce fou de neveu, Contre madame ou vous ont une intrigue en jeu.

( A madame Dormon. )

Je ne sais pas comment vous pouvez leur déplaire; Mais ils disent tout liant que c'est une étrangère Qui, s'emparant du cœur d'un père trop bénin. Cherche à les ruiner pour son jeune orphelin , ( Ce n'est pas là le mot dont se sert la marquise ).

MAJ)AME DORMON.

C) ciel! comment?...

DURAND

De plus, il faut que je vous dise Que le duc m'a fait part assez adroitement Qu'il avait du pouvoir près du gouvernement, Par un oncle qui vient d'entrer au ministère.

LE coaiTE.

Je le connais très-bien, un frère de sa mère Et tu conclus de là....

DURAND

Moi! je lie conclus rien....

Seulement on en veul....

LE COMTii.

Je m'en doute, à mon bien.

Ils vont donc arriver?

DURAND

Peut-être dans une heure.

Je les ai précédés.

LE COMTE

Tant mieux ! dans ma demeure lis recevront de moi le plus touchant accueil. Je les devinerai dès le premier coup d'œil.

(A madame Doi-non.)

Vous, ne craignez rien d'eux. Loin de faire paraître Les soupçons que Durand dans nos cœurs a fait naître, ilecevons-les, ma fille, avec un air joyeux.

MADAME D O R M O N , bas à Durand.

Vous entendez ce nom?

DURAND, bas.

Oui, tout va pour le mieux!

(liaut.)

Ce n'est pas tout , monsieur; il nous faut bonne chère, Votre gendre est gourmand.

LE COMTE

Il ne m'importe guère!

DURAND

On cite, dans Paris, ses somptueux repas.

LE COMTE

lîien plus que son esprit, dont on ne parle pas.

actj: 1, sciiiNi': vu. 5o^

^} A i),\ .M j: do r. m oa.

Je ferai préparer....

LE COMTE

Rien que notre ordinaire :

On doit se contenter d'un dîner de beau-père.

MADAME D O R M O N , en riant.

Non , je veux , si je puis , me faire pardonner ; Et, malgré vous, j'ordonne un excellent dîner.

(Elle sort.)

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