‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 328 sur 400 · SCENE T · texte numérisé non relu

SCENE T

Madame DORMON, DURAND.

Jamais je n'entendis de plus grand bruit , peut-être : Chaque valet de chambre ici commande en maître; Les femmes à leur tour , appelant et courant , De glapissantes voix font un concert charmant. Ma foi ! je ne sais plus où donner de la tête.

MADAME DORMON.

Mais tous nos voyageurs étant à leur toilette, Il faut bien que leurs gens courent pour les servir.

DUR A>JD.

Oui , mais leurs gens d'abord doivent tous m'obéir. Avec ce beau désordre et ce remue-ménage, Je crois voir un château que l'on met au pillage. Et qu'avaient-ils besoin d'amener leurs valets ? Et, pour changer d'habits, de faire tant d'apprêts.^ Ils savent que monsieur est simple dans sa vie , Qu'il est peu partisan de la cérémonie. Et qu'il aime mieux voir dans ses nobles enfants De bons cœurs, sans façon, que leurs riches clinquants. Toine lY. 33

5i4 I.E COMPLOT DE FAMILLE.

MADAME DO RM ON

Vous raisonnez, mon cher, comme on fait au village; Mais comme vous les grands ont aussi leur usage. Si pour vous la toilette est un sot passe-temps. C'est que vous savez mieux employer vos instants. Poiu' les gens de la cour, c'est une autre manière : S'ils ne s'habillaient pas, qu'auraient-ils donc à faire? C'est de l'ennui de moins pour ceux qui sont aux champs. Que vont-ils faire ici ? Je plains ces pauvres gens.

DURAND

Moi, je ne les plains pas, ils s'en iront plus vite. * Je veux pourtant savoir le but de leur visite.

MADAME DO RM ON

Ah ! je le crains beaucoup.

DURAND

Et c'est à vous pourtant De les bien recevoir, si le comte est absent; La prudence le veut , le devoir le commande.

MADAME DORMON.

Fort bien , mais j'attendrai du moins qu'on me demande: J'entends du bruit. Je sors.

Page 1