ACTE II, SCENE IV. 5a
De nous voir. Je croirais volontiers maintenant Que de notre arrivée on n'est pas très-content.
INI A D \ M E D O R :\I O ^ .
L'aspect de ses enfants charme toujours un père.
LE DUC
Ah! leur séjour ici pourrait ne pas lui plaire.
(La marquise fait des signes au duc pour le faire taire. ) M A D A 31 E D O R M O N.
Pourquoi , monsieur le duc ?
LE DUC
Vous le saurez un Joui-.
MADAME DO R MON
Croyez qu'avec plaisir il les sait de retour. J'avais un grand désir aussi de les connaître.
LA MARQUISE
Quoi î vous prenez à nous de l'intérêt ?
MADAME DORMON.
Peut-être.
LA MARQUISE
Sans indiscrétion , je puis savoir de vous
Ce qu'il peut exister de commun entre nous ?
MADAME DORMON.
Ce qu'il peut exister est de telle nature... Qu'on pourrait regretter de m'avoir fait injure. Si j'obtins en ces lieux un asile et la paix.... C'est assez , et je dois renfermer mes s.ecrets.
LA MARQUISE
Vous avez vos secrets , et nous avons les nôtres : Je vous tairai les miens, et je saurai les vôtres; Je saurai de ([uel droit vous et votre orphelin,
En obsédant l'esprit d'un père trop chagrin ,
Vous l'éloignez de nous pour vivre dans sa terre ,
Et pour nous ruiner , afin de le distraire.
Vous avez envers lui trop usé de vos droits ,
Et nous vous apprendrons à nous craindre une fois.
MADAME D O R M O N
Je dois peu redouter une telle menace.
En habitant ces lieux, je me crois à ma place; ' Et, sans approfondir l'objet d'un tel courroux, Il suffit que je puisse en braver tous les coups, Quand j'ai pour protecteur un homme qu'on vénère , Puissant par ses vertus et par ses droits de père.
(Elle salue et sort.)