ACTE II, SCÈNE IV
LA M A R Q U 1 S K , à part.
Il est fou!
LE DUC, voulant prenilrt! la main à madame Dormon.
Chère dame !...
MADAME DORMON , retirant sa main.
Ah ! brisons-là , de grâce !
De votre oncle jamais vous ne tiendrez la place; 11 est par ses vertus tellement respecté...
LA IMARQLISE, avec hauteur.
Ce trait impertinent....
MADAME DORMON.
C'est une vérité.
Madame pense-t-elle autrement de son père ?
LA MARQUISE, avec mépris.
Je trouve singulier...
LEDUC, n\ec fatuité.
Pourquoi ce ton sévère ?
Une femme peut bien d'abord me traiter mal ; Son courroux est charmant : mais cela m'est égal ; Je sais bien que le temps me donne gain de cause. Pour peu qu'on se connaisse , on se retrouve, on cause , Et le cher oncle un jour se trouve supplanté Par le malin neveu qu'on avait rebuté.
LA MA RQUISE.
Mon cher duc , vous poussez trop loin l'extravagance.
MADAME DORMON.
Elle va tout au moins jusqu'à l'inconvenance ; Je vois que ma présence est de trop en ces lieux ; Je vais me retirer. Recevez mes adieux.
: Elle salue. ''
LE BAROW.
Mais , avant de sortir.^ daignez au moins m'appiendri' Si le dîner bientôt...
MADAME DORMON.
11 faut encore attendre :
On n'avait vpas l'espoir de vous voir au château ; J'ai pourtant donné l'ordre...
LE DUC, riant.
Au fait, c'est du nouveau.
C'est vous qui dirigez?...
MADAME DORMON.
Oui , le comte fordonnc.
LA MARQUISE
C'est bien , quand près de lui mon père n'a personne ; Mais à cet honneur-là , moi , j'ai des droits aussi : C'est à sa fdle enfin de commander ici.
MADAME DORMON.
Il serait un peu long d'entamer ce chapitre ; Mais je reconnaîtrai , madame , votre titre Dès que monsieur le comte, en daignant m'aveilir. M'aura signifié qu'il faut vous obéir.
LE DUC , à p;irt.
Elle répond à tout.
LA MARQU ISE, àpait.
C'est la plus sotte espèce!...
LE BARON
Le comte ne vient pas!
LE DUC , <■" liiiiii.
Personne ne se presse