‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 346 sur 400 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Le duc, seul.

Quand une femme hait , surtout hait une femme , Rien ne peut arrêter le courroux qui l'enflamme ; Elle ne connaît plus ni raison, ni pitié. Et moi , dans ce complot me voilà de moitié ? Je ne puis reculer. Quant à son excellence, Qui veut de tous les faits connaître l'évidence , Je puis bien attester que mon cher oncle est fou; Dès l'abord on le voit. Cette lettre, mais où Pourrais-je l'avoir mise? Allons, cherchons encore.

( Il vide son portefeuille sur la table et repousse ce qui le gêne. )

Que de petits billets où l'on dit qu'on m'adore ! A mon tour, par égard, j'en écrivais autant... Ah ! voilà de l'abbé le madrigal charmant Qu'il fit à mon sujet : le papillon malade. Cet aimable acrostiche , en forme de charade , Fit un instant fureur par sa légèreté; Chacun se l'arrachait dans la société.

Mais à qui ces cheveux de'couleur isabeîle ? C'est de la présidente : oui , je me la rappelle ; Son esprit est rempli de préjugés bourgeois. Et sa grande vertu m'a tenu plus d'un mois.

( Il reprend un autre papier. )

Un rendez-vous manqué! que dira la comtesse? Pourquoi fus-je assez sot de faire la promesse D'aller lui reporter ses lettres, son portrait? Je crois que de nos jours cela ne s'est point fait. Tome IX. j^

Mais notre liaison lui fait naître un scrupule. Son époux est jaloux; il a ce ridicule, Et je dois apaiser des remords et des pleurs : Oui, je lui rendrai tout, il fout avoii- des mœurs.

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