‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 345 sur 400 · ACTE ITÏ, SCKNE llf · texte numérisé non relu

ACTE ITÏ, SCKNE llf

Contre celte Dorinoii la lettre de cachet.

lêIduc.

Ah! cet enlèvement va faire un ])rnit du diable!

LA MARQUISE

Non , à cela l'on met un ordre inconcevable.

Mais surtout au moment que le coup est porté ,

Gardons-nous de montrer de la timidité i

Quand on veut réussir dans une telle affaire,

Il ne faut pas, cher duc, regarder en arrière.

Vous sentez que le comte , en se voyant ravir

Cette veuve et l'enfant qui charmaient son loisir.

Va jeter les hauts cris, et nous faire connaître

I^a haine que pour nous il a déjà peut-être.

Ne nous effrayons pas, et laissons-le crier ;

Qui veut être vainqueur attaque le premier.

IVIais afin d'éviter quelque retour sinistre.

Nous le surveillerons; tandis que le ministre.

De notre bon monarque obtiendra la faveur

De donner à votre oncle un sage curateur.

Et moi, pendant ce temps, sans montrer de colère,'

Je commande au château, comme propriétaire ;

Je défends aux fermiers d'apporter de l'argent.

J'arrête les travaux, je gagne l'intendant:

Je me fais informer des revenus du comte.

Je chasse les mutins, avec les bons je compte;

Et, forte de l'appui de la cour et des lois.

Au nom de mon cher fila, je rentre dans ses droits.

LE DlC.

(^ui, c'est parfaitement arranger une affain'. Je ne vous croyais pas une femme ordinaire ;

Mais je vois que, malgré ce petit air coquet, Et votre goût connu pour le colifichet, Vous êtes, à vrai dire, une maîtresse femme. Comme vous savez bien diriger une trame! J'en suis épouvanté! je sens un tel effroi, Qu'au moment du combat je tremble malgré moi. Je vois un père enfin, quoique très-ridicule, Puni par ses enfants... J'ai là certain scrupule...

LA MARQUISE

Dites que l'étrangère aii maintien langoureux. Je l'ai bien vu tantôt, a su plaire à vos yeux. Que voilà le motif de la pitié soudaine Qui contre nos projets maintenant vous entraîne.

LE DUC

Je ne renonce point à suivre nos projets ; Je dis ce que je sens. Allons, faisons la paix.

( Il lui baîse la main.) LA MARQUISE.

J'ai pour condition qu'il faut qu'avec franchise, La lettre de cachet me soit d'abord remise. Vous l'avez?

LE DUC

Oui , sans doute; elle est dans mes papiers

(Il tire son portefeuille. ) (Il cherche.)

Mais il faut la trouver. Non ; c'est dans les derniers.

Mais écrivez toujours à la ville voisine ,

J'irai vous la porter; je le promets, cousine.

De la pitié j'ai pu sentir la douce voix;

Mais le devoir l'emporte, et je cède à yos droits.

( La marquise sort, et le duc s'établit près d'une fable pom chercher .ses paj>iers. )

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