‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 348 sur 400 · ACTE III, SCENE Y · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE Y

MADAME DO RM ON

Vous devez l'excuser; il a ses habitudes,

Et les plaisirs pour lui sont encor des études.

LE DUC, à part , en rejjardant madame Dorinon.

Une guimpe traîtresse, en voilant ce beau front. Viendrait à ^ beauté faire un cruel affront!

MADAMK DORMOi\.

Mais qu'avez-vous,monsieur? Je vois que quelque chose Vous occupe beaucoup?

li E DUC, totijonrs pu la ref^ardanl , et à part. .

Bientôt ce teint de rose Se flétrit par les pleurs et par l'austérité; Non. Je ne puis avoir autant -de cruauté.

( Haut. )

Je dois vous l'avouer, c'est à vous que je pense:

On me juge souvent par une extravagance;

Eh bien ! sans me vanter, je suis sage..., un enfant.

MADAME DORMON.

Je le crois comme vous, vous n'êtes pas méchant. Vous mettez avec moi peu de cérémonie; Mais c'est moins par orgueil que par étourderie. Madame la marquise a plus d'aploml/que vous; Elle va droit au but , et porte bien ses coups.

LE DTtC.

J'en conviens; la cousine est une forte tête. Et sait exécuter le projet qu'elle arrête. Contre vçus, j'ai tantôt partagé son ardeur : Vous m'avez désarmé; je cède à la douceur.

MADAME DORMO]>r.

Je ne crois pourtant pas vous avoir fait offens(\

LE DUC

Excusez, si je dis ce que de vous l'on pense : Oui, pour votre intérêt, je dois vous avertir Qu'en ces lieux on vous voit habiter sans plaisir. Le comte de Grandval est un homme facile; On peut en abuser pour se le rendre utile; Et, quand il en est temps, saisir l'occasion.... Vous avez son estime et son affection ; Le but de tous vos soins et de vos prévenances Pourrait trahir un jour de grandes espérances. Il aime votre fils, on ne vous connaît pas, Mon oncle est jeune encor, vous avez des appas; Et l'on peut soupçonner, sans blesser la justice. Qu'il peut faire à l'hymen un dernier sacrifice : Ces motifs sont bien faits pour forcer des parents A prendre contre vous des moyens violents.

MADAME DORMOIV.

Je conviendrai, monsieur, que cet air de mystère Rend ma position tout-à-fait singulière ; Mais telle est contre moi l'injustice du sort , Que je ne puis parler sans me donner un tort.

* LE DUC

Hélas ! si vous saviez ce qu'on trame d'avance , Vous vous empresseriez de rompre le silence. Vous avez contre vous des gens bien inquiets. Et dont vous menacez les plus chers intérêts. Ces parents irrités tiennent par leur naissance Aux hommes revêtus d'une entière puissance : Avec des protecteurs on peut aller très-loin.... De m'expliquer, je crois, je n'ai plus grand besoin

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