ACTE IV, SCÈNE III
De mettre un tel habit, surtout en ma présence, Je le ferais chasser par mes derniers laquais.
LE COMT F.
Lorsque sur le beau sexe on n'a plus de projets, On fait bien peu de cas d'une riche parure.
LE DUC
Si vous portiez encor quelque peu de dorure.
LE COMTE
L'or que sur mon habit on mettrait en galon , Je le donne; et le pauvre y gagne la façon.
LE DUC
Voilà de ces calculs...
LE COMTE
Qu'on devrait toujours faire.
Mais revenons, de grâce, à notre belle affaire. C'est donc vous , mon ami , dont l'extrême raison Prouve de mon esprit une aberration?
N'usez pas envers moi de quelque terme vague Pour apprendre au ministre en quel point j 'extra vague; Il faut du positif.
LE DUC
Oh ! mais l'on vous a vu , Et l'on ne dira rien qui ne soit très-connu.
LE COMTE, d'un air caressant.
Vous devriez, mon cher, me lire la requête Que l'on adresse au roi sur cette pauvre tête. Comme un fou, je le crois , on peut m'y présenter. Mais difficilement on peut le constater; Et je saurais très-bien, en voulant me défendre. Retourner contre vous le piège et vous v prendre.
LE DUC
Oh! Ton doit éviter d'aller au parlement : Dans une telle affaire on agit prudemment .
LE COMTE
Ah!
LE DUC
D'être philosophe on vous sait la m&nie; A la cour on se rit de la philosophie. Et puis vous écrivez contre les préjugés; Tous ces principes-là seront fort mal jugés. La cour ne vous voit point.
LE COMTE
Depuis trente ans peut-être Je ne suis poiit allé faire ma cour au maître.
LE DUC
Vous avez très-grand tort : on peut tromper le roi, Et vous faire du mal en éludant la loi.
LE COMTE
L'éluder ! c'est commettre une double injustice. Et ne risquez-vous pas d'en être le complice , Quand à l'homme accusé vous dérobez les faits Qui le font condamner par des moyens secrets ?
LEDUC
Ce que vous dites-là me paraît raisonnable.
LE COMTE, finement.
Si je les connaissais , il serait très-probable
Que je pusse y répondre, ou trouver les moyens.
Connue je vous l'ai dit, d'a])andonner mes biens.
LE DUC
Vous voulez par bonté Onir à Tanuable.