SCÈNE IV
La marquise, Le BARON, Le COMTE, Le duc.
LE COMTE
Venez, mes chers enfants, Nous nous occupons là de faits intéressants : Mon neveu m'a tout dit. Je sais toute l'affaire; Et nous allons, ici, la terminer, j'espère.
LA MARQUISE, dans le plus grand étonnemeut.
Vous savez le motif ... ?
LE COMTE
Qui vous fait contre moi Pour l'intérêt d'un fils solliciter le roi.
LA MARQUISE, au duc.
Comment! vous avez dit?....
LE BARON
Ah mon dieu! quelle têle!
LE DUC
Mon oncle veut de plus entendre la requête.
LA MARQUISE, effrayée.
Eh quoi, vous la liriez! . .
LE COMTE
Oui , je veux tout savoir.
Et de la lire, ici, je lui fais un devoir. Le ministre sur moi désire qu'on l'éclairé ; Ira-t-il sans pudeur tromper le ministère. En présentant des faits qu'il ne peut avoir vus?
Que je déclare faux s'ils ne me sont connus.
LE DUC
Oui, le ministre veut en tout de la franchise; Et le comte saura sur quoi l'on s'autorise Pour l'accuser ainsi. Je lui dirai les faits ; Tous ses torts à nos yeux ne sont pas des secrets.
Oui, l'on doit être franc, surtout quand on accuse. Imitez -moi. — Voyez, je n'y mets point de ruse.
(A part.)
Ils me paîront bien cher,...
LE BARON, au duc.
Vous nous perdez , monsieur
LA MARQUISE, bas au duc.
A'^otre indiscrétion....
LE DUC
Est l'effet d'un bon cœur.
Vous ignorez combien mon oncle est raisonnable: Croiriez-vous qu'il veut bien traiter à l'amiable, Si ses torts bien connus, que vous avez cités, Sont avoués par lui comme des vérités?
LA MARQUISE, étonnée.
Traiter à l'amiable?...
LE DUC
Oui, par-devant notaire; Pour votre fds, madame, il vous cède sa terre.
LE COMTE
Je ne l'en dédis pas. Car mon intention
IS'est pas de dissiper votre succession ;
Et si vous me prouvez, ma chère belle-fille,