ACTE IV, SCEISE lY. 58r
LE DUC, à la luarquise.
jVIais suvez-vous qu'il a de très-bonnes raisons ?
LA MARQUISE
11 nous accuse, nous.
LE UAROJV.
De grâce , finissons.
LE DUC
A nos derniers griefs j'ai peur qu'il ne s emporte.
(Il lit.) « Enfin, sire, le comte de Grandval n'est plus un « gentilhomme : c'est un fermier, un manufacturier, « un maître d'école , le jouet et la dupe des intrigants <c et des fripons.
LE COMTE, vivement.
A votre avis j'eus tort d'en agir de la sorte, Et j'aurais bien mieux fait, en vivant à la cour. De suivre ainsi que vous tous les travers du jour : Mais si je m'avisai de vivre en philosophe , C'est que d'un courtisan je n'ai pas trop l'étoffe. J'ai par philanthropie essayé cent projets : Défricher un vieux bois , dessécher un mtffâis . Elever des troupeaux et bâtir des chaumières , Contenir dans leur lit d'inconstantes rivières , Tracer, sans la corvée, un superbe chemin. Reconstruire un château sur un nouveau dessin, Pour embellir un parc employer la nature. Et tirer un produit même de sa parure, Marier la jeunesse, instruire les enfants, i Voir dans ces vils métiers d'utiles passe-temps. Sont des torts, j'en convien;., si Ton me prouve en somme
Que tout ce que j'iû tait n'est pas d'un gentilhomme.
( Ils restent interdits. — D'uu ton sévère.)
Mais vous devez, je crois, bientôt avoir fini.
LE DUC , trouble.
C^est la conclusion que je vous lis ici.
« Ces preuves, sire, suffisent pour faire connaître à «votre majesté qr.e la bizarre conduite du comte de c( Grandval est causée par une aliénation mentale...
LE COMTE, vivement.
(Il se lève furieux) - (A part. '
C'est assez! — Ai-je pu supporter cet outrage!... Mais restons ferme encor et suspendons l'orage.
( Il se rassied , et tombe dans la rêverie. ) LA MARQUISE, à part au duc.
Dajis son œil enflammé vous voyez son courroux.
LE DTC.
Il veut le réprimer.
LE BAR O^
Je le vois connne vous...
Jft LA MARQUISE, au baron.
!1 semble méditer maintenant sa vengeance.