SCÈNE Y
Le duc. Le BARON, La MARQUISE.
I,A MARQUISE, .indue.
Vous nous avez perdus. Il mêle la menace A la feinte douceur.
LE DUC
Eh! calmez- vous, de grâce.
LE BARON
C'est avoir trop aussi la fureur de parler!
11 vous eût comme moi forcé de révéler
Le secret. En douceur le malin sait vous prendre...
LA MARQUISE
Je ne sais plus à quoi nous devons nous attendre-.
584 I.E COMPLOT DE FAMILIiE.
Qui peut nous protéger? Votre indiscrétion...
LE DUC
Nous fait marclier plus vite à l'exécution.
LA MARQUISE
Mais , pour nous empêcher de prouver sa folie , Il verra le ministre....
LE DUC, en riant.
Et sa bizarrerie * Nous suffit. Le public, en personne d'esprit. Juge qu'un homme est fou sitôt qu'on le lui dit.
LA M A RQ UI SE, avec colère.
Ah! c'est trop plaisanter, et tant d'impertinence Devait enfin, monsieur, lasser ma patience. Que je fus imprudente, en vous ouvrant mon cœur. En espérant dans vous trouver un protecteur! Eh quoi! de mon beau-père on attend une grâce!.. Dans ce moment il songe à punir notre audace; Dans ce moment, il peut, en suivant son courroux. Nous accabler chez lui des plus sensibles coups ; Il va de son château nous chasser tout à l'heure... N'importe ! si demain j'habite sa demeure , Et si vous me donnez la lettre de cachet. Hardiment je suivrai notre premier projet. Que j'y fasse arrêter cette femme impudente ; De ce séjour au moins je partirai contente. Pour aller implorer les protecteurs puissants Contre le fou qui veut ruiner ses enfants.
LE I) i c.
Ah! puisque vous doutez qu'il ait de la franchise. Aux moyens de rigueur sa feinte m'autorise.