SCENE III
DO L BAN
Est-ce que tu l'aimerais par hasard?
JULIE
Pas encore tout-à-fait; mais je sens que, si malgré cet habillement simple, et les malheurs qu'il croit vous être survenus, il m'aimait assez pour m'offrir sa main, j'aurais le plus grand plaisir à l'accepter.
DOLB A]V.
Ainsi, tu veux l'éprouver? et s'il est assez fou pour vouloir épouser une fdie qu'il croit sans fortune...
Il est bien juste que l'amour et la fortune le récompensent.
DOLB AN.
Toujours du romanesque. Si tu étais encore demoiselle, je te passerais cette extravagance ; mais une veuve!... Ma chère enfant, tu feras une sottise; et, si tu me demandes mon consentement...
JULIE
Je l'obtiendrai ; surtout si l'épreuve que vous voulez faire de son cœur réussit, comme j'en ai l'espoir.
DOLB AN.
A propos! c'est aujourd'hui qu'il doit recevoir du Havre la lettre qui lui annonce notre désastre... Mais cette fois, j'entends mon cher neveu : il chante dès le matin, comme s'il avait une fortune assurée pour sa vie.
JULIE
Non ; mais il a cette franche gaké d'un homme qui n'a rien à se reprocher.