SCENE VllI. (ji
Mais, serait-ce quelque créancière arriérée de mon père... Dans tous les cas, cela ne pouvait arriver plus à propos.
LA JEUNE FILLE
Monsieur, voilà les trois mille francs pour les trois billets que vous allez me remettre.
EU GÈNE
Quels biilets?
LA JEUNE FILLE
Mais les billets de la loterie que vous avez établie.
Quoi! de ma loterie?.... ah! ah!... {A Dowaii^ Eli bien ! quand je vous disais que nous aurions de quoi rire pendant long-temps.
JULIE
La singulière chose!...
MARIE, à J ulie.
Ma foi , je ne serais pas étonnée qu'on ne ♦e prît au mot.
LA JEUNE FILLE
Monsieur, je vous demande pardon ; mais cette dame est pressée.
Ahi cette dame est pressée... cela ne m étonne pas. Quel est son nom? est-elle jeune, jolie?
LA JEUNE FILLE
Vous sentez bien, monsieur, qu'il m'est défendu de vous répondre sur ce sujet; si ma maîtresse a le bonheur de vous gagner, vous aurez le temps de faire connaissance avec elle.
9a LE JEUNE HOMME EN LOTERIE.
EUGÈNl-.
C'est vrai; mais elle ne me tient pas. Quels sont les numéros qu'elle désire ?
LA JEUNE FILLE
D'abord celui de votre âee.
Bon numéro pour les dames : 2G.
LA JEUNE F ILLE
Le second à votre choix ; pour le troisième , elle prend le 5o.
EUGÈNE
Peut-être aussi celui de son âge.... comme c'est aimable! Ma belle enfant, mes billets ne sont point encore prêts : c'est pourquoi vous pouvez remporter votre argent... mais je vais strictement enregistrer vos numéros, et vous pouvez repasser dans quelques jours. Mon intendant, ayez soin de me préparer un registre; il fauiide l'ordre dans cette affaire: s'il se trouvait un double emploi, cela pourrait devenir très-embarrassant pour moi.
DOLB AN.
Le fou!
LA JEUNE FILLE
Cela suffit, monsieur. {^ A part, en revenant.^ Ah! mon dieu ! mais j'oubliais... [Timidement^ J'ai aussi pour mon compte une petite demande à vous faire, qui est relative à votre loterie... j'espère que vous ne me refuserez pas.
EUGÈNE
Parlez , mon enfant ; je suis ici j)our vous répondre.