SCENE VIIJ
DOLB AN.
En effet, monsieur est maintenant un homme public.
LA JEUJVE FILLE.
Eh bien ! je vous dirai , monsieur, que toutes les demoiselles de l'hôtel vous connaissent bien , et qu elles aiment beaucoup la loterie.
EUGÈNE
Quoi! toutes les demoiselles, jusqu'à la femme de charge... veulent avoir... ah ! ah!
D O L B A N , à part.
Je crains , monsieur, qu'on ne se moque de vous.
EUGÈNE
Moi, j'en suis sûr. Eh bien! elles voudraient donc hasarder leurs épargnes ?
LA JEUNE FILLE
Sans doute ; mais , comme leur fortune ne leur permet pas d'imiter tout-à-fait leur maîtresse, elles m'ont prié de vous demander si, en se réunissant plusieurs...
EUGENE
Impossible; je ne saurais me mettre en quatre pour vous être agréable.
LA JEUNE FILLE
Mais, monsieur, il doit y avoir un moyen...
EUGÈNE
Vous le chercherez , si vous voulez ; cela ne me regarde pas. Un seul billet peut me gagner, et je ne peux épouser qu'une femme.
LA JEUNE FILLE
Ah! monsieur, ce sera une désolation dans l'hôtel.
JULIE, bas à Eugène.
Convenez que la mystification n'est pas mauvaise.
EUGÈNE
J'en conviens , et c'est à moi de m'en tirer en homme d'esprit: il me vient une idée. Mademoiselle, veuillez m'attendre dans cet appartement, je vais vous faire remettre un mot d'écrit pour votre maîtresse , qui expliquera tout-à-fait les conditions du futur en loterie. {A Julie.) Vous verrez que la mode en viendra.
JULIE
Cela forcerait les demoiselles à faire des économies.
LA JEUNE FILLE
Mais enfin , monsieur, vous pourriez bien nous faire la remise ordinaire à nous autres pauvres filles.
EUGÈNE
Impossible, mademoiselle; c'est un prix fait.
LA. JEUNE FILLE
Ah ! je vois bien qu'il n'y a de bonheur que pour les riches... j'en suis fâchée pour vous; car vous risquez d'appartenir au numéro 5o.
EUGÈNE
Que le ciel m'en préserve... ! je suis à vous dans l'Instant.