SCENE Xlir. loi
EU G È Ni:.
Il faut traboid que je lui fasse passer une assez forte soinuie pour les premiers besoins.
D OLE AN
Et oii diable la prendrez-vous?
EUGÈNi:.
Je vais courir chez mes amis : dans mes prospérités ils ont toujours trouvé ma bourse ouverte.
UOLBA N.
Et vous comptez sur eux? ah! mon cher Eugène, que vous connaissez peu les hommes !
En effet, s'ils allaient me refuser!.,, c'est maintenant que l'argent me paraît précieux. Et cette pauvre cousine!....
DOLB AN,à part.
Je suis bien heureux qu'elle ne soit pas ici. [Haut^ Voilà une grande leçon pour vous : si vous eussiez un peu pensé à l'avenir....
EUGÈNE
Il faut que vous ayez une grande fureur de moraliser, pour venir dans ce moment où j'ai le cœur brisé...
DOLB AN , à part.
Ce cher Eugène ; ah ! que sa colère me fait plaisir !
EUGÈNE
J'irai d'abord le trouver au Havre; je lui exposerai ma situation ; je l'amènerai chez i^i ; ils partageront mon sort; j'accepterai la place qu'on me propose; je travaillerai pour lui , pour mon aimable cousine.
DO LU AN
Bien, bien, jeune homme; je vois que vous vous arrangerez avec vos bons parents. ( yl part. ) Oh ! ce bon garçon ; sa sensibihté est si vraie t[ue, malgré moi, il m'attendrit.
fc;uGi;Ni£.
Mais, je n'y pensais pas. Mon oncle est sauvé! que je suis content! embrassez-moi. Faites vos sermons maintenant tant que vous voudrez. Mon oncle va recevoir de l'argent , et une assez forte somme.
DOLBAN.
Et comment diable allez-vous faire ? D'après les états que vous m'avez remis, il ne vous reste que de quoi faire aller votre maison , très-modestement encore.
EUGÈNE
J'ai un diamant que l'on dit d'un très-grand prix; pour tout au monde, je n'aurais pas voulu m'en défaire : je le tiens de mon père. Puis-je mieux honorer sa mémoire qu'en en faisant hommage à son malheureux frère.
DOLBAN , à part.
Allons ; c'est fini : voilà un mauvais sujet que je vais aimer à la folie.