‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 87 sur 400 · SCENE XXIV · texte numérisé non relu

SCENE XXIV

EUGÈNE

Que l'Anglaise aille au diable!

DOLBAjy.

Ah ! vous envoyez au diable une femme qui fait votre fortune? C'est être bien ingrat,

MARIE

Oui, c'est fort mal, monsieur Eugène; et tout cela pour séduire ma nièce, une jeune innocente.

JULIE

Oui, ma tante, je conviens qu'il m'a séduite, et que je n'aurai jamais d'autre époux.

Et moi mes bons amis, si vous y consentez, jamais d'autre femme. Tenez , mon cher futur beau-père , vous allez remettre le portefeuille à l'Anglaise, le diamant à mon oncle ; et je ne garde pour moi que le bonheur de vous appartenir.

DOLB A N, riant.

Ma chère sœur , croyez -vous que cela soit facile à arranger ?

MARIE

Oui, mon cher frère, tout peut s'arranger maintenant, et je suis sûre que vous ne vous en repentirez pas.

DOLBAN.

Allons, puisque ma fille vous aime, et que sa tante y consent .je vous donne sa main.

EUGÈNE

Ah! chère Julie, que je stiis heureux!

I ik LE JEUNE HOMME EN LOTERIE.

DOLBAW.

Quant à votre ôiicle, le naufragé , il est un peu revenu sur l'eau; je lui ai remis le diamant de votre part....

EUGÈJSE.

Comment ! se peut-il ?...

DOLB AN.

Oui, il a été très-content en le recevant, et si content, qu'il ne veut plus le quitter, et qu'il le portera toujours à son doigt... Trouvez-vous qu'il fasse un bon effet?

EUGi<:]N E.

Quoi donc?

DOLBAN.

Et puisque, par votre ordre, je dois rendre le portefeuille, ma fille se charge de la commission.

EUGÈNE

Quel mystère?

JULIE, baragouinant.

Non, monsieu, je lé avé donné à lé homme à moi.

EUGÈNE

Quoi î ce serait vous ?

DOLBAN.

Oui, c'cst-elle qui sera ta femme, quand tu auias embrassé ton oncle.

(Ils s' embrassent. ) MARIE.

Allons, voilà que je n'ai plus de famille!

EUGÈNE

C'est bien traître, Marie; mais je te le pardonne.

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