‹ OEuvres complètes (volume 3)Chapitre 95 sur 400 · FLATTE MA N · texte numérisé non relu

FLATTE MA N

C'est prendre de l'humeur vraiment pour peu de chose: Lorsque sur vos grands biens milady gaîment cause. Faut-il donc vous fâcher ? vous , qu'on cite partout Pour un bon gentilhomme et pour homme de goût; Vous , le représentant d'un liourg considérable , Et dont l'élection n'était pas très-probable : On vous nomma, mais grâce à notre activité....

SIR HARVET.

Dites donc à l'argent que je vous ai compte.

FLATTEM AN.

Soit ; mais pour récompense on promit de vous faire Dans quelque cour du nord ministre d'Angleterre ; El vous voulez, trompant la patrie et le roi. Fermer votre maison à des gens comme inoi ,

i58 L'ORATEUR ANGLAIS.

Des gens tout dévoués , dont Tadroite prudence Soutient le ministère et le sert en silence : Que de cœurs nous gagnons! Contre ses ennemis Nous savons opposer le rempart des amis : C'est par nous qu'il apprend les démarches secrètes , Tous les projets conçus, les marches, les retraites ; C'est par nous qu'il arrive à ces nouveaux venus Ne voulant point se vendre et déjà tout vendus. Vous sentez que le duc, sans imprudence extrême. Ne peut, pour leur parler, les recevoir lui-même: Il a pour cet effet choisi votre maison Comme le rendez-vous de nos gens du bon ton : Contrarier ses plans serait une incartade. Votre rang, votre esprit, la future ambassade , Vous forcent malgré vous à ces repas d'éclat , Où nous boirons vos vins pour le bien de l'état.

SIR HARVEY

Vous croyez , Flatteman , que j'ai quelque espérance De me voir à mon tour appeler Excellence ?

FLATTEMAK.

Comment ! en doutez-vous ? On a tous les moyens De parvenir au grand lorsque l'on a vos biens.

SIR IIARVEY.

Mes biens, toujours mes biens! parlez donc du mérit<

FLATTEMAN.

Dans le monde, mon cher, n'en est-il pas la suite? Crovez-vous que l'on va nommer ambassadeurs De modestes savants , fussent-ils grands seigneurs ;* Il faut représenter ; et c'est à l'opulence Qu'est dû l'emploi (jui veut de la magnificence.

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