FLATTE MA N
C'est prendre de l'humeur vraiment pour peu de chose: Lorsque sur vos grands biens milady gaîment cause. Faut-il donc vous fâcher ? vous , qu'on cite partout Pour un bon gentilhomme et pour homme de goût; Vous , le représentant d'un liourg considérable , Et dont l'élection n'était pas très-probable : On vous nomma, mais grâce à notre activité....
SIR HARVET.
Dites donc à l'argent que je vous ai compte.
FLATTEM AN.
Soit ; mais pour récompense on promit de vous faire Dans quelque cour du nord ministre d'Angleterre ; El vous voulez, trompant la patrie et le roi. Fermer votre maison à des gens comme inoi ,
i58 L'ORATEUR ANGLAIS.
Des gens tout dévoués , dont Tadroite prudence Soutient le ministère et le sert en silence : Que de cœurs nous gagnons! Contre ses ennemis Nous savons opposer le rempart des amis : C'est par nous qu'il apprend les démarches secrètes , Tous les projets conçus, les marches, les retraites ; C'est par nous qu'il arrive à ces nouveaux venus Ne voulant point se vendre et déjà tout vendus. Vous sentez que le duc, sans imprudence extrême. Ne peut, pour leur parler, les recevoir lui-même: Il a pour cet effet choisi votre maison Comme le rendez-vous de nos gens du bon ton : Contrarier ses plans serait une incartade. Votre rang, votre esprit, la future ambassade , Vous forcent malgré vous à ces repas d'éclat , Où nous boirons vos vins pour le bien de l'état.
SIR HARVEY
Vous croyez , Flatteman , que j'ai quelque espérance De me voir à mon tour appeler Excellence ?
FLATTEMAK.
Comment ! en doutez-vous ? On a tous les moyens De parvenir au grand lorsque l'on a vos biens.
SIR IIARVEY.
Mes biens, toujours mes biens! parlez donc du mérit<
FLATTEMAN.
Dans le monde, mon cher, n'en est-il pas la suite? Crovez-vous que l'on va nommer ambassadeurs De modestes savants , fussent-ils grands seigneurs ;* Il faut représenter ; et c'est à l'opulence Qu'est dû l'emploi (jui veut de la magnificence.